Réincarnation

Depuis très longtemps des personnes très " sages " font de la réincarnation, aussi dite transmigration, mais encore renaissance - si seulement c'est synonyme pour tout le monde - une des pierres angulaires de leur foi et de leur vie ..... du moment. Depuis plusieurs siècles, des philosophes comme des scientifiques baignant dans les civilisations chrétiennes ont, à leur tour, exprimé explicitement leur " croyance " en la réincarnation. Non obstant l'ostracisme ou les moqueries dont est l'objet cette conviction de la part des églises chrétiennes (seulement depuis le VI° siècle !) , vu qu' elle annihile tout ce qui tourne autour du péché, du bien, du mal, du ciel, du purgatoire, de l'enfer, du jugement premier individuel et du jugement dernier collectif, etc. , et finalement du fils de Dieu sauveur; tous concepts sur lesquels les églises chrétiennes tiennent maintenant officiellement et plus ou moins explicitement, au risque de perturber leurs " simples " fidèles (et leur " fond de commerce "), un discours qui a bien changé par rapport à ne serait-ce que quatre ou cinq décennies. Le très particulier cardinal Lustiger n'a-t-il pas, par exemple, explicitement dit devant des millions de téléspectateurs " L'enfer existe, mais il est vide " ? Un propos qui l'aurait conduit au bûcher il y a six cents ans, et à l'excommunication il y a encore peu. Le "mal", le péché "mortel" qui valait l'enfer était réellement donc quoi, puisqu'il n'en voie même plus au purgatoire qui disparaît aussi peu à peu dans la nuit du temps ? Alors que le discours mi-chèvre mi-choux qui est maintenant celui des cérémonies religieuses d'enterrement est une autre illustration parlante de la relative évolution ecclésiastique; avec pour témoins plus ou moins attentifs une assistance en grande partie non catholique, sinon regretta- blement incroyante, voire réellement athée, ou, au minimum, non soucieuses des réalités spirituelles.

Quoiqu'il en soit, dans le cadre d'une appropriation personnelle de sa spiritualité, en ne prenant que les plus belles et " communes " parties des textes sacrés de toutes les religions et autres approches spirituelles - validés ou non par l'exégèse et l'histoire réunies - comme éclairages de la réflexion, mais pas comme certitudes - , il y a au moins deux raisons de vivre influencé par une certitude en la réalité de la réincarnation qui peuvent paraître largement suffisantes.

L'une de ces raisons est que des études sérieuses - qualifiables de méthodiques, sinon de scientifiques - de cas de réincarnation ont été effectuées qui ont fait rigoureusement le tri entre les supercheries et l'incontestable. Et ce grâce en particulier à Ian STEVENSON, un chercheur universitaire en Virginie (né en 1918 au Canada... et toujours vivant) dont il faut au moins avoir lu "Ces enfants qui se souviennent de leur vie antérieure" (Edition Sand -1995). Et on peut également évoquer les certitudes basées sur de nombreux cas "majeurs"de réincarnation - certains actuels - étroitement liés aux bouddhismes qui sont effectivement divers et parfois trahis - avec bavures à la clé - par leurs propres pratiquants, comme dans toute religion (même si le bouddhisme n'en est pas une religion).

L'autre raison d'être "réincarnationiste'" relève de l'éthique : la triste, voire carrément horrible vie, par exemple, en particulier soit écourtée pour des enfants morts jeunes, soit longue pour des vieillards est inexplicable et contraire à l'idée qu'on peut se faire d'un Dieu forcément juste et bon puisque tout Amour. Sauf à expliquer ces sorts très différents comme fruit de l'arbitraire bon vouloir du même Dieu et de sa grâce. Un Dieu dont certains , fussent-ils célèbres et réputés " intelligents ", affirment l'inexistence précisément à cause de ces millions de vies malheureuse (ou bien plus) " révoltantes ", mais surtout face à des gens aux actes révoltants à très juste titre (pour autant que se révolter soit sage). Comme si eux-mêmes apprécieraient de n'avoir que des enfants qui ne sauraient qu'obéir à leur " bonne " volonté, sans avoir la liberté de choisir, donc aussi de " mal " faire.

Avant de pouvoir formuler le concept de "réincarnation " en quelques lignes assimilables et logiques, sinon rationnelles pour tous, certes beaucoup reste sans doute à réfléchir, à lire, à dialoguer, et à écrire (surtout en français) sur le passage du "flux de conscience" d'un corps à un autre, sur cette planète-ci et, pensent certains, sur d'autres dans l' univers. En vue d'une progressive croissance dans la Sagesse qui inclut probablement Savoir, Amour et "intrommersion " dans l'Eternalité de l'Etre Suprême que d'aucuns préfèrent appeler Ineffable, tant on en a mal parlé dans toutes les religions et tous les athéismes, en particulier sous le vocable hyper-galvaudé de " Dieu ".

Mais en attendant c'est certainement le concept mal dit et souvent très mal compris de " réincarnation " ou " transmigration ", même parfois sous des formes populaires passablement travesties, qui, avec celui de l'Ineffable, est depuis longtemps le plus, partagé par un nombre important de Terriens ; un concept qui, répétons-le pour terminer, a étayé aussi la foi de philosophes et scientifiques ne serait-ce que du XX° siècle, mais des siècles précédents également, y compris bien avant notre ère.. 

SYNONYMES (plus ou moins) metempsycose, palingénésie, réincarnation, renaissance, transmigration




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