Relativité

La notion de relativité s'oppose à celle d'absolu.

L'acquisition de cette notion est une opération absolument fondamentale et relativement récente à l'échelle historique, par laquelle l'homme réalise simultanément deux actions opposées :

Mais la notion de relativité s'oppose aussi à celle de relativisme : certes, la relativité admet que différents cohabitenet différents points de vue aussi valides les uns que les autres, mais ces points de vue ne doivent pas être arbitraires et incohérents : le passage de l'un à l'autre doit être possible, et cela induit des contraintes fortes sur les formes valides.

Table of contents
1 En science physique
2 Philosophie
3 En sociologie

En science physique

Einstein énonçait ainsi le principe de relativité en 1916
"les lois de la nature doivent être valides dans tous les systèmes de référence, quel que soit leur état".

Le plus remarquable est que ce principe impose certaines formes aux lois de la nature : le passage d'un système de référence à un autre (par exemple, du point de vue d'un physicien dans un train à celui d'un collègue dans une gare où passe ce train), combiné à une transformation inverse, doit redonner la même chose. Or, cela n'est possible que si les lois de la nature ont une forme mathématique spéciale. Les observations les plus simples qui respectent ces formes sont compatibles avec nos observations, et sont donc suffisantes.

D'abord énoncé par Copernic sous une forme moins forte (l'Homme n'est pas au centre de l'univers, et même celui-ci n'a pas de centre), ce principe a été à l'origine de deux révolutions scientifiques puis techniques :

Encore aujourd'hui, toutes les implications de ce principe pourtant simple ne sont pas bien comprises. Des chercheurs tentent de l'appliquer encore plus largement, par exemple à l'espace-temps-résolution, obtenu en décrivant l'état d'un système avec une notion d'échelle (selon qu'on utilise un microscope ou un téléscope, par exemple) : cf. relativité d'échelle

Philosophie

Dans l'histoire des idées, la relativité rend possible une certaine tolérance à l'égard des autres, et la prise en compte de nombreux points de vue (Sans relativité, point de Wikipedia...). Par là, elle est associée à toute l'histoire du libéralisme dont elle est la base.

En sociologie

Raymond Boudon (1990) distingue le relativisme kantien et néo-kantien et le "relativisme sceptique". Le premier n'est pas incompatible avec l'objectivité et la vérité. Le second, qui vise par exemple Thomas Kuhn ou la sociologie des sciences (David Bloor), rejette la vérité et l'objectivité comme ne pouvant pas exister : tout discours, même scientifique, ne reflète que le point de vue de celui qui le tient. Voir par exemple l'étude de Bruno Latour sur Pasteur et les "montreurs de microbes" qui ont permis à ses découvertes d'être acceptées dans le monde scientifique.



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