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| Table of contents |
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2 Les Cipayes 3 La révolte commence 4 Partisans et opposants 5 Delhi est reprise 6 Cawnpore 7 Lucknow 8 La revanche 9 La réorganisation |
Il ne s'agit pas en fait d'un mouvement limité aux forces armées comme on le présente souvent. Le mécontentement grondait en Inde du fait de la campagne d'occidentalisation à marche forcée imposée par la Compagnie anglaise des Indes orientales (CAIO) et le Gouverneur-General Dalhousie, convaincus de leur supériorité.
Parmi les sujets de mécontentement, on trouvait la doctrine de préemption ou doctrine du Lapse, définie par Dalhousie, qui imposait la validation par l'autorité anglaise des successeurs adoptés, traditionnellement, par les dirigeants hindous sans héritier mâle. Cette validation ne survenant évidemment pas, les territoires étaient ainsi annexés comme Satara en 1848, Jhansi en 1853 et Nagpur en 1854 par la CAIO. Le titre de peshwa, premier ministre héréditaire traditionnel marathe, fut refusé en 1853 à Nana Sahib, le fils adoptif de celui-ci et sa pension supprimée. Le dernier empereur moghol Bahadur Shah II se vit signifier qu'il sera le dernier de sa dynastie.
Les Anglais interdirent également le mariage d'enfants, la tradition de la sati et pourchassaient et décimaient les thugs.
Les Indiens en vinrent à croire - non sans quelques raisons - que les Anglais avaient prévu de les convertir de gré ou de force au christianisme. Enfin, commença à se répandre la prophétie que la domination de la CAIO n'en avait plus que pour 100 ans.
Malgré leur solde relativement faible, le transport de leurs bagages vers des théâtres d'opération lointains - l'Afghanistan ou la Birmanie, par exemple - restaient à leur frais.
En outre, la CAIO recruta des Indiens de caste autre que brahmane et kshatriya. De plus, en 1856, on demande aux cipayes de servir outre-mer ce qui aurait entraîné une grande impureté pour les membres des hautes castes.
Cependant, la raison la plus fameuse est l'utilisation de graisse animale dans la fabrication des cartouches du fusil Lee-Enfield. En effet, les soldats devaient déchirer les cartouches avec leurs dents avant de les charger dans leur fusil, ce qui était, vu cette utilisation, inconcevable pour les soldats hindous et musulmans qui suspectaient l'emploi de graisse porcine. En février 1857, les cipayes refusèrent d'employer les nouvelles cartouches. Les Anglais remplacèrent les cartouches par des nouvelles fabriquées à base de cire d'abeille et d'huile végétale, mais la rumeur persista.
En mars 1857, Mangal Pande, soldat du 34e régiment d'infanterie indigène, attaqua son sergent britannique, blessa un adjudant-chef et retourna l'arme contre lui. Comme punition collective, le régiment entier fut dissous ce que les autres cipayes trouvèrent injustifié.
Quelques semaines plus tard, le 9 mai, à Meerut, 85 hommes de troupe du 3e régiment de cavalerie légère refusèrent d'employer leurs cartouches et furent condamnés à la dégradation publique et à dix ans de travaux forcés.
Un sérieux malaise s'installa le jour suivant, le 10 mai 1857 quand le 11e régiment de cavalerie indigène de l'armée du Bengale stationné à Meerut se mutine. Les soldats libérèrent tous les détenus de la prison de la ville et attaquèrent le cantonment où habitaient les Européens qui furent tous exterminés, femmes et enfants compris et sans distinction de classe sociale, ainsi que tous les chrétiens indiens qui s'y trouvaient. Ils incendièrent ensuite toutes les maisons et marchèrent sur Delhi. Tout d'abord, les troupes britanniques ne les poursuivirent pas.
Le jour suivant, à Delhi, les mutins furent rejoints par d'autres Indiens du bazar local. Ils attaquèrent le Fort rouge, tuèrent cinq Anglais - parmi lesquels un officier britannique et deux femmes - et exigèrent que Bahadur Shah récupère son trône. Ce dernier se laissa entraîner contre son gré devenant ainsi le chef déclaré de la rébellion. Les cipayes continuèrent en massacrant tous les Européens ou chrétiens qu'ils rencontraient dans la ville.
Les rebelles ne s'accordaient pas sur tout. Beaucoup d'Indiens avaient rejoint les rebelles dans l'idée de restaurer les empires moghol et marathe. La rânî Lakshmî Bâî qui régnait sur Jhansi, réclamé en 1853 par les Anglais, mena une rébellion violente. Quelques chefs de mutins appelèrent à la jihad et beaucoup d'artisans
musulmans se joignirent aux mutins pour raisons religieuses.
Cependant, tous les Indiens ne soutinrent pas la rébellion. Les Sikhs du Penjab n'appréciaient pas l'idée d'un retour du pouvoir moghol dont ils avaient subi la répression et combattirent dans les rangs britanniques. Dans l'Oudh, les musulmans sunnites ne voyaient pas d'un bon œil le retour de chiites au pouvoir. Enfin, la majeure partie du sud du pays est restée en dehors des évènements.
Les Anglais furent lents à réagir. Deux colonnes quittèrent enfin Meerut et Simla. Ils avancèrent lentement vers Delhi et combattirent, tuèrent et pendirent de nombreux Indiens tout le long de la route. De plus, des régiments britanniques quittèrent le théâtre de la guerre de Crimée pour l'Inde. Après une marche de deux mois, les Anglais combattirent le corps d'armée principal des rebelles près de Delhi à Badl-ke-Serai et le forcèrent à chercher refuge dans la ville. Les Anglais n'étaient pas assez nombreux pour faire un siège efficace de Delhi, les rebelles obtenant facilement des ressources et des renforts. Plus tard, ils furent rejoints par la colonne des soldats Sikhs du Penjab et par des éléments gurkhas.
Cependant, l'artillerie lourde tant attendue ne garantissaient pas une victoire facile face à la supériorité numérique des cipayes. Les Anglais finirent par passer la porte du Cachemire et une semaine de combats de rues débuta. Les Sikhs se débandèrent après la mort de leur commandant. Quand les Anglais atteignirent le Fort rouge, Bahadur Shah s'était déjà enfui au tombeau d'Humayun. Les Anglais avaient repris la ville.
Bahadur Shah fut enfin arrêté et, le jour suivant, l'officier britannique William Hodson abbatit ses fils Mizra Moghul, Mizra Khizr Sultan et Mizra Abu Bakr de sa propre autorité.
En juin, les cipayes cantonnés à Cawnpore (Kanpur) sous les ordres du général Wheeler se rebellèrent - semble-t-il avec l'accord tacite de Nana Sahib - et assiégèrent le retranchement européen. Les britanniques subirent trois semaines de siège sans eau et connaissant constamment des pertes. Le 25 juin, Nana Sahib exigea leur reddition et Wheeler n'eut d'autre choix que d'accepter. Lorsque les Anglais embarquèrent sur la rivière, leurs pilotes s'enfuirent et un échange de coups de feu s'ensuivit. Les Indiens tirèrent au canon sur les bateaux et couvrirent le fleuve de cadavres, seul une embarcation avec 4 hommes réussit à s'échapper. Les femmes et les enfants survivants furent transportés à Bibi-Ghar (la maison des femmes) à Cawnpore. Le 15 juillet un groupe d'hommes y entra et tua les occupants à l'arme blanche, puis découpa les corps avant de jeter les morceaux dans un puits.
Les Anglais furent consternés et les partisans pro-Indiens perdirent tout appui. Cawnpore devint le cri de guerre des soldats britanniques pour le reste du conflit. Nana Sahib avait, lui, disparu au Népal.
Quand les Anglais eurent repris Cawnpore, les soldats amenèrent leurs prisonniers cipayes au Bibi-Ghar et les forcèrent à lécher les taches de sang sur les murs et le plancher, puis les pendirent.
L'état d'Oudh (aujourd'hui l'Uttar Pradesh) entra en rébellion peu après les événements de Meerut. Le commandant britannique de Lucknow, Henry Laurent, avait eu assez de temps pour renforcer sa position. Il avait 1700 hommes, y compris les cipayes fidèles. Les premiers assauts des rebelles furent infructueux et ils commencèrent à bombarder la position britannique. Laurent fut l'une des premières victimes. Les rebelles essayèrent d'ouvrir une brèche dans les fortifications avec des explosifs et de les franchir au moyen de tunnels souterrains qui furent le siège de combats au corps à corps. Après 90 jours de siège, le nombre des assiégés se trouva réduit à 300 cipayes restés fidèles, 350 soldats britanniques et à 550 non combattants.
Le 25 septembre, ils furent rejoints par mille soldats du régiment des Royal Highland Regiment. En octobre, une autre unité de Highlanders commandée par Colin Campbell vint les relever et le 18 novembre, ils évacuèrent la position avant de retourner se retrancher dans Cawnpore reprise.
Fin 1857, les Anglais recommencaient à gagner du terrain. Lucknow était reprise en mars 1858. Du fait du début sanglant de la rébellion et suite à la trahison apparente de Nana Sahib et à la boucherie de Cawnpore, la CAIO considéra qu'elle n'avait aucune raison de se conduire avec humanité. La presse anglaise et le gouvernement britannique ne préconisèrent aucune clémence. Les soldats firent très peu de prisonniers, si ce n'est pour les exécuter après. Des villages entiers furent exterminés sur des soupçons de sympathie envers les rebelles. Les Indiens ont appelé cette période le vent du diable.
Les derniers rebelles furent défaits à Gwalior le 20 juin 1858. Des combats sporadiques continuèrent en 1859 mais la plupart des rebelles avaient été soumis. Les rebelles condamnés furent attachés à la bouche de canons et réduits en morceaux.
Au lendemain de la rébellion, le gouvernement britannique décida de mettre les Indes sous le contrôle direct de la couronne en instaurant le Raj britannique sous le commandement d'un Vice-roi des Indes. Ils entamèrent des réformes, essayèrent d'intégrer les castes les plus élevées et les dirigeants locaux dans le gouvernement des Indes et supprimèrent la Compagnie anglaise des Indes orientales. Ils arrêtèrent les appropriations de terre, décrétèrent la tolérance religieuse et admirent des Indiens dans la fonction publique, principalement comme subalternes. Ils augmentèrent également le nombre de soldats britanniques par rapport aux indigènes et seuls les soldats britanniques purent dorénavant servir dans l'artillerie.
En 1877, la Reine Victoria gagna le titre d'impératrice des Indes. Bahadur Shah, quant à lui, fut exilé à Rangoon où il mourut en 1862.
Origine
Les Cipayes
Les Cipayes (du hindî shipahi qui donna aussi le mot spahi) étaient des soldats indiens servant dans l'armée de la Compagnie anglaise des Indes orientales sous les ordres d'officiers anglais formés dans la propre école militaire de la CAIO en Angleterre. Les présidences de Bombay, Madras et du Bengale maintenaient leur propre armée, chacune ayant son propre commandant en chef et entretenaient plus de troupes que l'armée officielle de l'empire britannique. En 1857, elles intégraient quelque 200 000 cipayes - contre près de 40 000 soldats d'origine britannique - qui étaient mécontents de certains aspects de la vie militaire. La révolte commence
Partisans et opposants
Delhi est reprise
Cawnpore
Lucknow
La revanche
La réorganisation