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L'expédition dirigée par Christophe Colomb, la découvre le 6 décembre 1492 qui l'intitulera Hispanola.
Le nom, Haïti, remonte à ses premiers habitants, de pacifiques Indiens Taïnos, du groupe des Arawaks. Ces Indiens ont disparu tragiquement suite à la colonisation européenne, victimes du travail forcé, des persécutions et des maladies.
Les premiers esclaves africains débarquent dès 1502 pour remplacer les Indiens dans les maisons, les plantations, et les mines.
Au XVIIe siècle, des boucaniers français commencent de s'installer sur l'île voisine de la Tortue. Eux-mêmes se dénomment pompeusement les «Frères de la côte».
Ce sont des chasseurs qui doivent leur nom au fait qu'ils consomment du boucan, c'est-à-dire de la viande séchée à la fumée. Ce sont aussi des pirates et des corsaires qui s'en prennent aux métaux précieux que les riches galions espagnols convoient du Mexique vers l'Espagne.
Leur présence attire l'attention du gouvernement français. En 1641, le huguenot Le Vasseur enlève l'île de la Tortue et l'année suivante, le chevalier de Fontenay prend possession d'Hispanolia au nom du roi Louis XIII.
En 1697, Louis XIV se fait céder la partie occidentale d'Hispanolia par le traité de Ryswick.
De son nom officiel «côtes et îles de Saint Domingue en l'Amérique sous le vent», la colonie devient très vite la plus prospère des possessions françaises d'outre-mer grâce à ses plantations de sucre et à ses nombreux esclaves noirs. Elle assure près des 3/4 du commerce mondial de sucre !
À la veille de la Révolution française, elle compte près de 600.000 habitants, dont 500.000 esclaves.
La majorité de ces esclaves sont nés en Afrique. Ils ont été introduits dans l'île dans le cadre de la traite, nom donné au trafic d'esclaves pratiqué par les Européens, au rythme effarant de 30.000 par an dans les années précédant la Révolution.
Dans le même temps, la partie espagnole de l'île, Santo Domingo, dépérit et compte à peine quelques dizaines de milliers d'habitants.
Le sort de l'île est bouleversé par la Révolution française. Le 15 mai 1791, à Paris, l'Assemblée nationale accorde le droit de vote à certains hommes de couleur libres et, le 28 mars 1792, l'Assemblée législative établit une égalité de droit entre tous les hommes libres (à l'exception des esclaves).
Ces demi-mesures inquiètent les colons blancs de Saint-Domingue qui songent à proclamer leur indépendance pour préserver leur île des idées séditieuses venues de Paris. Elles ne satisfont pas davantage les esclaves qui attendent une libération complète.
Dans la nuit du 22 au 23 août 1791, les «nègres marrons» (ainsi appelait-on les esclaves qui avaient fui les plantations et s'étaient réfugiés dans les forêts) s'insurgent après une cérémonie vaudou au Bois-Caïman, près de Morne-Rouge, sous la direction d'un prêtre vaudou, le fameux Boukman entouré de ses lieutenants Romaine le prophète, Hyacinthe, Biassou, Jean-François.
C'est le début d'une longue et meurtrière guerre qui mènera à l'indépendance de la prospère colonie.
La révolte est prise en main par un cocher de 48 ans nommé François Toussaint qui a été affranchi quinze ans plus tôt.
Le surnom de L'ouverture ou Louverture s'ajouta plus tard à son nom en raison de la bravoure avec laquelle il enfonçait les brèches!
Toussaint Louverture ne tarde pas à s'emparer de la plus grande partie de Haïti et même à conquérir la partie espagnole de l'île, Santo Domingo.
Face à la révolte des esclaves et aux menaces d'invasion anglaise et espagnole, les commissaires de la République française, Sonthonax et Polverel, se résignent à proclamer la liberté générale des esclaves.
C'est chose faite le 29 août 1793 dans la province du Nord et le 4 septembre dans les parties ouest et sud.
La Convention généralise ces décisions par le décret du 6 pluviôse An II (4 février 1794) en abolissant l'esclavage dans l'ensemble des colonies françaises.
Mécontents, certains planteurs n'hésitent pas à appeler les Anglais à leur secours. Trois mois plus tard, en mai 1794, 7.500 soldats anglais venus de la Jamaïque voisine débarquent à Haïti et s'emparent de la capitale, Port-au-Prince.
Toussaint Louverture, établi à Santo Domingo, décide de faire front commun avec les révolutionnaires qui ont bien voulu libérer les esclaves. Il intervient avec ses troupes aux côtés du général Laveaux. Reconnaissante, la Convention le nomme général de division le 17 août 1794.
Les Anglais sont bientôt battus et décimés par une épidémie de fièvre jaune à laquelle les noirs sont, eux, presque insensibles. En octobre 1798, Toussaint Louverture reçoit leur reddition au nom de la République française.
Il prend dès lors en main le gouvernement de l'île et s'applique à rassurer les planteurs. La prospérité ne tarde pas à revenir.
Toussaint Louverture réoccupe le 27 janvier 1801 la partie espagnole de l'île, contre l'avis de Napoléon Bonaparte, qui gouverne à ce moment-là la France avec le titre de Premier Consul.
Le 8 juillet 1801, le libérateur de Saint-Domingue proclame l'autonomie de l'île et se nomme Gouverneur général à vie de la nouvelle République.
C'est plus que n'en peut supporter Napoléon Bonaparte. Dès 1799, celui-ci caresse le désir de reconstituer un empire colonial aux Amériques «conformément aux lois et règlements antérieurs à 1789».
Avec les encouragements des planteurs et de sa femme, Joséphine, native de la Martinique, il commence par restaurer l'esclavage et la traite.
Puis, profitant du répit offert par la fragile paix signée à Amiens avec l'Angleterre, le Premier Consul décide de rétablir à Haïti la souveraineté française.
Le 14 décembre 1801, une flotte de 36 navires appareille de Brest, sous le commandement de l'amiral Louis Thomas Villaret de Joyeuse.
En février 1802, elle débarque une première armée de 23.000 hommes au Cap-Français, sous le commandement du général Charles Leclerc, mari de Pauline Bonaparte et beau-frère du Premier Consul.
Par ailleurs, une expédition de onze navires quitte Brest et arrive à Pointe-à-Pitre le 2 mai 1802. Elle amène en Guadeloupe 3500 hommes sous le commandement du général Antoine Richepance. L'île, petite, est rapidement soumise et les insurgés sont impitoyablement massacrés par les héritiers de la Révolution. Période la révolution française
Bonaparte fervent esclavagiste