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Population ville : 61 092 habitants (saint-quentinois)
Population agglomération : 69 287 habitants
Population aire urbaine : 103 781 habitants
Économie
HISTOIRE DE LA VILLE Augusta Viromanduorum est établie par les Romains au droit d'un gué qui permet de franchir la Somme en direction de Reims et de l'Est. Elle remplace au Ier siècle la cité gauloise de Vermand comme capitale de la nation des Viromandui. En 287, Caïus Quentinus, venu d'Italie pour prêcher le christianisme, y est décapité pour sa foi et ses reliques deviennent l'objet d'un pèlerinage au milieu du IVe siècle. Un évêché est établi mais, après les ravages des Grandes Invasions, il est transféré à Noyon (VIe siècle). La ville moderne doit son origine à saint Eloi qui, vers 645, fait orner le tombeau de saint Quentin et institue auprès de lui une communauté de clercs. Avec la protection carolingienne, l'institution ecclésiastique s'organise à l'intérieur d'un espace sacré, entouré d'une enceinte à partir de 893. Au cours du Xe siècle, Aouste (Augusta) prend le nom du martyr. Dès le Moyen Age, l'histoire de la ville est liée à sa triple vocation religieuse, commerciale et stratégique.
La cité partage avec Péronne le siège des premiers comtes du Vermandois, et obtient en 1080 la première charte communale dont il soit fait mention. Elle est rattachée à la couronne en 1214; Philippe Auguste devient alors seigneur de la ville et patron de la collégiale. Hôtel de ville, beffroi et milices communales apparentent Saint-Quentin à ses voisines flamandes.
Demeuré vivant jusqu'au début du XXe siècle, l'afflux des pèlerins entretient une activité religieuse digne d'une ville épiscopale et entraîne l'essor du commerce et de l'industrie. En effet, les reliques étaient supposées guérir certaines maladies de peau et permettaient de maigrir. L'activité marchande, greffée au Moyen Age sur le commerce des blés, des vins, des draps, croît au rythme du développement de l'industrie textile. La population passe de six à dix mille habitants entre 1600 et 1800, puis quintuple au XIXe siècle (55000 en 1914).
Durant des siècles, Saint-Quentin vit du textile: laine (sayetterie) au Moyen Age, lin (mulquinerie) au XVIIe et XVIIIe siècles, coton au XIXe siècle. A l'origine ville marchande contrôlant le travail rural (la fabrique), elle devient une ville ouvrière avec les débuts de la mécanisation au XIXe siècle. Ruinée par le terrible siège de 1577 contre l'Espagne l'activité économique ne reprend pleinement qu'après le traité des Pyrénées avec l'Espagne(1659), qui repousse la frontière plus au Nord. A partir du XVIIe siècle, et surtout au XVIIIe siècle, elle redevient une métropole du textile, spécialisée dans le lin sans doute par l'intermédiaire des artisans protestants venus des Pays-Bas. Elle fournit la France et l'Europe en linons, mousselines, batistes, gazes, tulles, percales. Les profits sont concentrés dans les mains de richissimes marchands-fabricants, dont le luxe ne cesse d'embellir le cadre urbain. Pendant la Révolution, les excès de la Terreur sont limités. Cependant, la plupart des couvents et des églises sont vendus ou démantelés. L'industrie et le commerce souffrent beaucoup de la proximité de la guerre, de l'inflation et de la disparition des clientèles aristocratiques.
Ville forte aux frontières du royaume sur les voies des invasions, Saint-Quentin est successivement menacée par les Pays-Bas, la Bourgogne, l'Espagne, l'Autriche. Au XVe siècle, elle change sept fois de main. Elle est restée célèbre dans l'histoire par les deux sièges qu'elle soutint héroïquement en 1557 et 1870. En 1557, le jour de la saint Laurent (10 août), l'armée espagnole de Philippe II, qui assiège la ville, inflige une sévère défaite aux troupes du connétable de Montmorency envoyées par Henri II à son secours. Pour honorer sa victoire, Philippe II fera construire le palais de l'Escurial à Madrid. La place capitule après dix-sept jours, dévastée et ruinée, mais sa résistance a permis à une nouvelle armée de se former juste à temps pour couvrir et protéger Paris. Occupée par les armées coalisées en 1814-1815, elle doit de nouveau affronter l'envahisseur pendant la guerre de 1870. Le 8 octobre 1870, la garde nationale de Saint-Quentin repousse héroïquement une colonne allemande. Mais, le 19 janvier 1871, la défaite du général Faidherbe près de Saint-Quentin marque la fin des derniers espoirs français. C'est toutefois la première guerre mondiale qui est la plus dévastatrice. Occupée pendant plus de quatre ans, la ville est organisée par les Allemands comme centre de groupement et de ravitaillement. En mars 1917, tous ses habitants sont évacués et seulement 20% des maisons sont épargnées par les bombardements (bataille de la Somme). La population n'atteint à nouveau le chiffre de 1914 (55000 habitants) qu'en 1954.
Son histoire mouvementée et sa vitalité économique sont liées à sa situation à la croisée des deux grands itinéraires, à la fois axes commerciaux et voies d'invasions: d'une part, la route des Anglais, axe oblique qui relie la mer du Nord à la Méditerranée; d'autre part, la route des Allemands, un des axes reliant le Bassin parisien aux plaines du Nord. Aujourd'hui, le chemin de fer traditionnel ou TGV Nord (gare TGV Haute-Picardie), l'autoroute (A1, sortie Péronne), A26 et A29, le canal de Saint-Quentin (jonction entre l'Escault et la Seine) confortent cette vocation.