|
|
Le Second Empire était le régime bonapartiste de Napoléon III de 1852 à 1870, entre la Deuxième République et la Troisième République, en France.
| Table of contents |
|
2 Les idéaux de Napoléon III 3 Prospérité et culture 4 Affaires étrangères |
La constitution anti-parlementaire instituée par Napoléon III le 14 janvier 1852 était largement inspirée de celle de l'an VIII. Tous les pouvoirs exécutifs étaient concentrés à la tête de l'État qui était seul responsable du peuple, à présent dépossédé de l'exercice de ses droits. Il pouvait nommer les membres du Conseil d'État, dont la tâche était de préparer les lois, et du Sénat, un corps établi de façon permanente en tant que partie constitutive de l'Empire. Une innovation avait été faite néanmoins en ce que le corps législatif était élu au suffrage universel mais il n'avait aucun droit d'initiative, toutes les lois étaient proposées par le pouvoir exécutif. Ce changement politique eut rapidement les mêmes conséquences que celui de Brumaire. Le 2 décembre 1852, la France conféra par un plébiscite presque unanime le pouvoir suprême, avec le titre d'Empereur, à Napoléon III.
Même si le mécanisme gouvernemental était quasiment le même sous le Second Empire que sous le Premier Empire, ses principes fondateurs étaient différents. La fonction de l'Empire, comme Napoléon III se plaisait à le répéter, était de guider le peuple à l'intérieur vers la justice et à l'extérieur vers une paix perpétuelle. Tenant ses pouvoirs du suffrage universel et ayant fréquemment, depuis sa prison ou en exil, reproché aux précédents gouvernements oligarchiques d'avoir négligé les questions sociales, il résolut de les traiter en organisant un système de gouvernement basé sur les principes des « idées napoléoniennes », c'est à dire celles de l'Empereur - l'élu du peuple, représentatif du peuple, de la démocratie - et de lui-même, le représentant du grand Napoléon Ier, héros de la révolution française, et donc gardien des acquis sociaux de cette période.
Napoléon III montra rapidement que la justice sociale ne signifiait pas la liberté. Il agit de telle sorte que les principes de 1848 qu'il avait préservés deviennent une simple façade. Il paralysa toutes les forces nationales garantes de l'esprit public, telles que le parlement, le suffrage universel, la presse, l'éducation et les associations. Le corps legislatif n'était pas autorisé à élire son président , à voter sur le budget en détail, ou à faire des délibérations publiques. De manière similaire, le suffrage universel était supervisé et contrôlé par les candidatures officielles, par l'interdiction de la libre expression et par des ajustements habiles des districts électoraux de façon à noyer le vote libéral dans la masse de la population rurale. La presse était assujettie à un système de cautionnement, sous forme d'argent, déposé à titre de garantie de bonne conduite, et d'avertissements, c'est-à-dire de requêtes par les autorités de cesser la publication de certains articles, sous la menace de la suspension ou de la suppression ; tandis que les livres étaient sujets à la censure.
Pour contrer l'opposition des individus, une surveillance des suspects fut instituée. L'attaque de l'empereur par Felice Orsini en 1858, bien que motivée uniquement par la politique italienne, servit de prétexte à une augmentation de la sévérité de ce régime avec la loi de sûreté générale qui autorisait l'internement, l'exil ou la déportation de tout suspect sans procès.
De la même manière, l'instruction publique était strictement supervisée, l'enseigement de la philosophie fut supprimée au lycée et les pouvoirs disciplinaires de l'administration furent augmentés.
Pendant sept ans la France n'eut aucune vie politique. L'empire était porté par une série de plébiscites. Jusqu'en 1857 l'opposition n'existait pas, puis jusqu'en 1860 elle était réduite à cinq membres : Darimon, Emile Ollivier, Hénon, Jules Favre et Ernest Picard. Les royalistes attendaient, inactifs après la tentative infructueuse faite à Frohsdorf en 1853, par une alliance des légitimistes et des Orléanistes, de rebâtir une vie monarchiste sur les ruines de deux familles royales.
Mais cela ne suffisait pas d'abolir la liberté en agitant le spectre de la démagogie. Elle devait être oubliée, le grand silence devait être couvert par le bruit de festivités et la joie matérialiste, l'imagination des Français a prospéré pour être distraite des affaires publiques par le goût du travail, l'appât du gain, la passion pour la bonne chère. Le succès du despotisme impérial, ou de tout autre, était lié à la prospérité matérielle qui pouvait enlever toute idée de révolution. Ainsi, Napoléon III chercha le support du clergé, des grands financiers, des magnats industriels et des propriétaires terriens.
Il ressuscita à son propre compte le « enrichissons-nous » de 1840. Sous l'influence des Saint-Simoniens et des hommes d'affaires, de grands établissements de crédit furent institués et de grands chantiers furent lancés : le Crédit Foncier de France, le Crédit mobilier, la conversion du chemin de fer en six grandes compagnies entre 1852 et 1857. La rage pour la spéculation fut renforcée par l'arrivée de l'or californien et australien et la consommation était soutenue par une chute générale des prix entre 1856 et 1860, due à la révolution économique qui dépassa répidement les barrières tarifaires, comme cela avait déjà été le cas en Angleterre. Ainsi l'activité française fut florissante entre 1852 et 1857 et fut à peine temporairement affectée par la crise de 1857.
L'Exposition Universelle (1855) fut son point culminant. Le grand enthousiasme pour la période romantique était fini ; la philosophie devint sceptique et la littérature divertissante. Les festivités de la Cour à Compiègne définissaient la mode pour la bourgeoisie, satisfaite par ce gouvernement énergique qui préservait si bien leurs équilibres financiers.
Si l'Empire était fort, l'Empereur était faible. Forte-tête et rêveur, il était plein de plans, mais trop irrésolu pour les mener à bien. Despote absolu, il demeura ce que la vie avait fait de lui. Dans son opinion, le travail artificiel du Congrès de Vienne, qui consacra la chute de sa famille et de la France, devait être détruit, et l'Europe devrait être organisée en un ensemble de grands états industriels, unis par des communautés d'intérêts et liés entre eux par des traités commerciaux, et exprimant leurs liens par des congrès périodiques présidés par lui-même, et par des expositions universelles. De cette façon il pouvait réconcilier les principes révolutionnaires de la supprématie du peuple avec la tradition historique, une chose que ni la Restauration ni la Monarchie de Juillet ni la Deuxième République n'ont été à même de faire. Le suffrage universel, l'organisation des nations de Roumanie, de l'Italie et de l'Allemagne et la liberté de commerce, ce devait être le travail de la Révolution.
La création de grands États voisins de la France entraînait avec elle la nécessité de rechercher des compensations territoriales ailleurs et par conséquence de violer le principe de nationalité et d'abjurer son système de paix économique. La politique étrangère de Napoléon III était en contradiction avec sa politique d'affaires intérieures, « L'Empire, c'est la paix » était son slogan, et il partit en guerre.
Tant que son pouvoir n'était pas bien établi, Napoléon III fit des efforts particuliers pour rassurer l'opinion Européenne ce qui n'avait pas été rendu aisé par ses protestations contre les traités de 1815. La Guerre de Crimée, dans laquelle, soutenu par le Royaume Uni et le roi de Sardaigne, il soutenu contre la Russie la politique d'intégrité de l'Empire Ottoman, une politique traditionnelle en France depuis l'époque de François Ier, ce qui gagna à lui l'approbation à la fois des vieux partis et des libéraux. Et cette guerre fut le prototype de toutes les autres. Elle fut engagée sans finalités militaires claires et continuée de façon hésitante. Ce fut la cause, après la victoire des alliés à la bataille d'Alma (14 septembre 1854) du long et coûteux siège de Sébastopol (8 septembre 1855).
Napoléon III, dont la joie était au plus haut après la signature de la paix qui excluait la Russie de la Mer Noire et la naissance de Eugène Bonaparte, qui assurait la continuation de sa dynastie, pensait que le moment était arrivé de commencer à appliquer son système. Le comte Walewski, son ministre des affaires étrangères, donna une soudaine et innattendue extension aux propos des délibérations du Congrès de Paris (1856) en invitant les plénipotentiaires à considérer les questions de la Grèce, de Rome, de Naples, etc. Camillo Benso, comte di Cavour et Piémont en bénéficièrent immédiatement, grâce à Napoléon III ils furent en mesure de porter la question italienne devant une assemblée politique en Europe, et devant Napoléon en particulier.
Ce n'est pas l'attaque d'Orsini du 14 janvier 1858 qui influença Napoléon sur la question de l'unification italienne. Elle n'avait jamais cessé de le préoccuper depuis qu'il avait pris part à des conspirations patriotiques en Italie dans sa jeunesse. Le triomphe de ses armées dans l'Est lui donna le pouvoir nécessaire pour accomplir cette mission qui lui tenait à cœur. La suppression de l'opinion publique rendit impossible pour lui d'être éclairé sur le conflit entre les intérêts du pays et ses visions généreuses. La sympathie de toute l'Europe était avec l'Italie, partagée depuis des siècles entre de si nombreux maîtres ; la Russie d'Alexandre II de Russie, gagné depuis un entretien à Stuttgart par la générosité de l'Empereur plutôt que par la force armée, n'offrit aucune opposition à cet acte de justice ; tandis que l'Angleterre applaudit.
L'Empereur, divisé entre l'Impératrice Eugénie, qui en tant qu'Espagnole et dévote Catholique était hostile à tout ce qui pourrait menacer la Papauté, et le prince Napoléon, qui en tant que beau-frère de Victor Emmanuel II d'Italie favorisait la cause du Piémont, espérait concilier les deux côtés en mettant en place une fédération italienne, avec l'intention d'en réserver la présidence au pape Pie IX en tant que marque de respect devant l'autorité morale de l'Église. De plus, la grande difficulté de la tâche plaisait à l'empereur, encouragé par son récent succès en Crimée. Lors d'une réunion secrète entre Napoléon et le Comte Cavour (20 juillet 1858), l'éventualité d'une intervention armée de la France, demandée par Orsini avant qu'il ne monte son attentat, fut promise.
L'ultimatum malavisé de l'Autriche exigeant la cessation immédiate des préparations du Piémont à la guerre précipitèrent l'expédition italienne. Le 3 mai 1859 Napoléon déclara son intention de libérer l'Italie « des Alpes à l'Adriatique. » Comme il l'avait déjà fait quatre ans plus tôt, il se lança dans la guerre sans plan établi et sans préparation ; il avait de grands espoirs mais sans penser aux efforts nécessaires pour les réaliser. Deux mois plus tard, malgré les victoires de Montebelleo, de la Bataille de Magenta et de la Bataille de Solferino, il y mit fit brutalement et signa la paix de Villafranca avec François Joseph d'Autriche (9 juillet 1859). L'Autriche dédait la Lombardie à Napoléon III qui à son tour la céda à Victor Emmanuel ; Modène et la Toscane furent rendues à leurs ducs respectifs et la Romagna au Pape, à présent président de la fédération italienne. La montagne avait accouché d'une souris.
Les raisons de cet abandon de la part de l'Empereur au milieu d'un triomphe apparent étaient nombreuses. Ni Magenta ni Solferino n'ont été des batailles décisives. De plus, son idée d'une fédération était menacée par le mouvement révolutionnaire qui semblait effrayer tous les princes de l'Italie centrale et qui l'entraînait dans une dispute malvenue avec le parti clérical français.
De plus, Napoléon avait oublié de tenir compte de la Confédération germanique qui était liée par un accord d'assistance avec l'Autriche. La mobilisation de la Prusse sur le Rhin, combinée avec les difficultés militaires et le risque d'une défaite en Vénitie, modérèrent assez son enthousiasme et le décidèrent à mettre fin à cette guerre.
L'armistice prit les Italiens par surprise, les convainquant qu'ils avaient été trahis ; de toutes parts le désespoir les conduisait à sacrifier leur indépendance jalousement gardée à l'unité nationale. D'un côté les catholliques s'agitaient de toute part en Europe pour obtenir l'indépendance des territoires papaux ; et de l'autre côté les républicains français protestaient contre l'abandon de ces traditions révolutionnaires dont ils avaient approuvé le renouveau avec enthousiasme.
L'Empereur, non préparé au tour des évènements, essaya de résoudre la confusion en suggérant un autre congrès des puissances, pour réconcilier les intérêts dynastiques avec ceux du peuple. Après un temps, il abandonna l'effort et se résigna à la position actuelle, ses actions ayant plus d'impact que voulu. Le traité de Zürich proclama le fallacieux principe de non-intervention (10 nnovembre 1859) ; et alors, par le Traité de Turin du 24 mai 1860, Napoléon abandonna sa confédération malvenue. Il composa avec la méfiance de la Grande Bretagne en rempla!ant Welewki, qui était hostile à sa politique, par Thouvenel, un anticlérical et un défenseur de l'alliance avec l'Angleterre, et il contrebalança la montée du nouveau royaume italien par l'acquision de Nice et de la Savoie. Napoléon, comme tous les gouvernements français, ne trouva qu'une solution provisoire au problème italien.
La solution ne pouvait tenir qu'aussi longtemps que l'empereur était dans une position de puissance. Maintenant cette guerre italienne, dans laquelle il a donné son soutien à la révolution au-delà des Alpes, et, bien que non intentionnellement, a compromis le pouvoir temporel des papes, a grandement offensé les catholiques, auxquels l'établissement de l'Empire était pourtant largement dû.
Une opposition catholique critique se mit en place, incarnée par le papier de Louis Veuillot l'Univers, et ne fut même pas réduite au silence par l'expédition en Syrie de 1860 en faveur des catholiques Maronites, qui étaient persécutés par les Druses. d'un autre côté, le traité commercial avec la Grande Bretagne qui avait été signé en janvier 1860 et qui ratifiait la politique de libre échange de Richard Cobden et Michel Chevalier, a placé l'industrie française face au choc soudain de la compétition étrangère. Ainsi à la fois les catholiques et les protectionnistes découvrirent que l'absolutisme morale pouvait être une excellente chose quand elle servait leurs ambitions ou leurs intérêts mais une mauvaise chose quand elle s'exerçait à leurs dépends.
Mais Napoléon, de façon à restaurer le prestige de l'Empire avant que ne se manifeste l'hostilité nouvelle de l'opinion public, essaya de gagner à Gauche ce qu'il avait perdu à Droite. Après le retour d'Italie l'amnistie générale du 16 août 1859 marqua l'évolution de l'absolutisme impérial vers l'empire libéral puis parlementaire qui devait durer dix ans.
Napoléon commença par retirer le baillon qui tenait le pays au silence. Le 24 novembre 1860 par un « coup d'état » pensé lors de ses méditations solitaires, comme un conspirateur voulant cacher ses mystérieuses pensées de ses ministres même, il donna aux chambres le droit de voter une apostrophe annuelle en réponse au discours du trône, et à la presse le droit de rapporter les débats parlementaux. Il comptait sur cete dernière concession pour tenir en échec l'opposition catholique montante, qui était de plus en plus alarmée par la politique de laissez-faire pratiquée par l'Empereur en Italie.
La majorité gouvernementale montra déjà des signes d'indépendance. Le droit de voter sur le budget par section, accordée par l'Empereur en 1861, était une nouvelle arme donnée à ses adversaires. Tout conspirait en leur faveur : l'anxiété de ces candides amis qui pointaient du doigt les défauts du budget, la crise commerciale, agravée par la guerre civile américaine et, par dessus tout, l'esprit têtu de l'empereur, qui agaça ses opposants en insistant pour conclure une alliance avec la Grande Bretagne afin de forcer l'ouverture des ports chinois au commerce, en 1863 par sa tentative manquée de renverser une république et de mettre en place un empire latin au Mexique en faveur de l'archiduc Maximilieu d'Autriche, et de 1861 à 1863 en s'embarquant dans des expériences de colonisation en Cochinchine et à Annam. Des incohérences similaires se remarquaient dans la politique européenne de l'empereur. Le soutient qu'il avait donné à la cause italienne avait provoqué les espoirs d'autres nations. La proclamation du royaume d'Italie le 18 février 1861 après la rapide annexion de la Toscagne et du royaume de Naples avait prouvé le danger des demi-mesures. Mais quand la concession, même limitée, a été faite pour la liberté d'une nation, elle pouvait difficilement être refusée pour les non moins légitimes aspirations des autres.
En 1863 ces « nouveaux droits » demandèrent encore à être reconnus : en Pologne, en Schleswig et Holstein, en Italie, maintenant évidemment unie mais sans frontière ni capitale, et dans les principautés du Danube. Afin de s'extraire de l'impasse polonaise, l'Empereur eut encore recours à ses expédients - toujours infructueux car inopportuns - d'un congrès. Il fut encore une fois infructeux : l'Angleterre refusa même le principe d'un congrès, tandis que l'Autriche, la Prusse et la Russie ne donnèrent leur adhésion qu'à des conditions qui le rendirent futile, c'est-à-dire qu'ils mirent de côté les questions vitale de la Vénétie et de la Pologne.
Ainsi Napoléon devait encore décevoir les espoirs de l'Italie, laisser la Pologne se faire écraser et permettre à l'Allemagne de triompher sur le Danemark dans la question du Schleswig-Holstein. Ces incohérences résultèrent en une alliance des partis de l'opposition, Catholiques, libéraux et républicains, en une union libérale. Les élections de mai-juin 1863 donnèrent à l'opposition quarante siègres et un chef, Adolphe Thiers qui donna voix à la demande des libertés nécessaires.
Il aurait été difficile pour l'empereur de sousestimer l'importance de cette manifestation de l'opinion française, et en vue de ses échecs à l'international, il était impossible de les réprimer. Le sacrifice de Persigny, ministre de l'intérieur, qui était responsable des élections, la substitution des ministres sans portefeuille d'une sorte de présidence du conseil (?) donné à Eugène Rouher, le « vice-empereur », et la nommination de Jean Victoire Duruy, un anticlérical, au poste de ministre de l'instruction publique, en réponse à ces attaques de l'église qui devaient culminer avec le Syllabus de 1864, tout indiquait un rapprochement significatif entre l'empereur et la Gauche.
Mais même si l'opposition représentée par Thiers était plutôt constitutionnelle que dynastique, il y avait une autre opposition irréconciliable, celle des républicains aministiés ou exilés volontairement, dont Victor Hugo était le porte-voix éloquent. Donc ceux qui avaient précédemment constitué les classes gouvernantes montraient à nouveau des signes de leur ambition de gouverner. Il apparut le risque que ce mouvement parmi la bourgeoisie pourrait s'étendre au peuple. Comme Antaeus tenait sa force en touchant la terre, Napoléon crut qu'il pouvait contrôler son pouvoir menacé en se tournant à nouveau vers les masses laborieuses dont il tenait son pouvoir.
Sa politique industrielle était conçue autant par des motifs d'intérêt que par sa sympathie, au-delà de l'opposition à la bourgeoisie qui avait l'ambition de gouverner ou qui désirait son éviction. Le chemin était facile car il avait pour seul politique d'exploter les préjudices des classes laborieuses. Elles n'avaient jamais oublier la loi Le Chapelier de 1791, qui en interfisant toute association parmi les travailleurs les plaçaient à la mercie de leurs employeurs, non plus qu'elles avaient oublié comment le suffrage limité avait conféré au capital un monopole politique qui l'avait placé hors de portée e la loi, ni comment à chaque fois qu'ils avaient quitté leur position d'isolement rigide pour sauver la charte ou le suffrage universel, la bourgeoisie triomphante les avait récompensé au mieux avec négligence. Le silence de l'opinion public sous l'Empire et l'état prospère des affaires avaient achevé de séparer le parti des travailleurs des partis politiques. La visite d'une délégation des travailleurs élue et payée à l'exposition universelle de 1862 à Londres donna à l'Empereur une opportunité pour réétablir des relations avec le parti des travailleurs, et ces relations étaient à son avis tout à fait profitales, puisque le partie des travaileurs, en refusant d'associer leurs réclamations sociales et industrielles avec les ambitions de la bourgeoisie, maintenait une attitude neutre entre les partis, et pouvait donc, si nécessaire, les divisés, tandis que par son criticisme de la société il réveillait les instincts conservateurs de la bourgeoisie et donc modérait leur enthousiasme pour la liberté.
Une loi du 23 mai 1863 donna aux travailleurs le droit, comme en Angleterre, d'économiser de l'argent en créant des sociétés coopératives. Une autre loi, du 25 mai 1864, leur donna le droit d'exiger de meilleures conditions de travail en organisant des grèves. Plus encore, l'Empereur permit aux travailleurs d'imiter leurs employeurs en créant des syndicats pour la protection permanente de leurs intérêts. Et finalement, quand les ouvriers, avec la tendence qu'avaient les français de l'époque d'insister sur l'application universelle d'une théorie, voulurent substituer à l'utilitarisme réducteur des syndicats anglais une vision commune à tous les classes salariales du monde entier, il ne mit aucun obstacle sur le chemin du plan de leur chef Tolain pour fonder une Société Internationale des Travailleurs. Dans le même temps il encouragea **** the provision made by employers for thrift and relief and for improving the condition of the working classes.
Assuré d'être soutenu, l'empereur, au travers de Rouheur, un défenseur du régime absolutiste, refusa toutes les demandes de la part des libéraux. Il fut aidé par la fin de la crise industrielle quand la guerre civile américaine se termina, par l'apparente résolution de la question romaine par la convention du 15 septembre, qui garantissait aux états papaux la protection de l'Italie, et finalement par le traité du 30 octobre 1864 qui mit temporairement fin à la crise de la question du Schleswig-Holstein.
Après 1865 l'accord temporaire qui avait uni l'Autriche et la Prusse pour l'administration des duchés conquis donna lieu à une antipathie silencieuse. Même si la guerre austro-prussienne de 1866 était innattendue, sa conclusion rapide fut un choc sévère en France. Napoléon avait espéré obtenir du prestige pour son trône et pour l'influence française par une intervention au moment approprié entre des combattants équivalents et épuisés. Ses calculs étaient mis à mal et ses espoirs réduits par la Bataille de Sadowa (Koniggratz) le 4 juillet 1866. Le Traité de Prague mit une fin à la rivalité séculaire entre les Hasbourgs et les Hohenzollern pour l'hégémonie sur l'Allemagne, qui était une opportunité pour la France et la Prusse se permit d'honorer les prétentions de Napoléon en établissant entre sa confédération nord allemande et les états du sud une frontière illusoire le long du Main. Les efforts infructueux de l'empereur français pour obtenir une "compensation" sur la rive gauche du Rhin en échange des états d'Allemagne du sud, aggravèrent les choses. La France réalisa avec une surprise désagréable que sur sa frontière Est était apparue une puissance militaire par laquelle son influence, si ce n'est son existence, était menacée ; qu'au nom du principe de nationalité des populations avaient été réunies sous la coupe d'une dynastie par tradition militariste et agressive, par tradition ennemie de la France : que cette nouvelle et menaçante puissante avec détruit l'infleucence française en Italie, qui devait l'acquisition de la Vénitie à une alliance prussienne et à des armes prussiennes ; et que tout cela était dû à Napoléon, manipulé à chaque fois depuis son premier entretien avec Otto von Bismarck à Biarritz en octobre 1865.
Toute confiance dans l'excellence du régime impérial s'évanouit. Thiers et Jules Favre, en tant que représentants de l'opposition, dénoncèrent les erreurs de 1866. Emile Ollivier divisa la majorité officielle par l'amendement du 45, et fit comprendre qu'une réconciliation avec l'Empire serait impossible jusqu'à ce que l'Empereur accorder toute la liberté. Le rappel des troupes françaises de Rome, en accord avec la convention de 1864, donna lieu à de nouvelles attaques du parti Ultramontain, qui était alarmé pour la papauté. Napoléon III sentit la nécessité de développer le grand acte de 1860 par le décret du 19 janvier 1867. En dépit de Rouher, par un accord secret avec Ollivier, le droit d'interpellation fut rendu aux chambres. Les réformes dans la supervision de la presse et le droit de réunion furent promis. En vain Rouher tenta de rencontrer l'opposition libérale en organisant un parti pour la défense de l'Empire, l'Union Dynastique. La rapide succession de revers internationaux le prévint de faire quoique ce soit.
L'an 1867 fut particulièrement désastreux pour l'Empire. Au Mexique, la grande idée du règne se termina par une retraite humiliante avant l'ultimatum des Etats-Unis, tandis que l'Italie, comptant sur sa nouvelle alliance avec la Prusse et oubliant déjà ses promesses, mobilisait les forces révolutionnaires pour compléter son unité en conquérant Rome. Les "chassepots" de Mentana étaient nécessaires pour tenir en échec les Garibaldiens. Et quand la diplomatie impériale fut cette tentative ridiculisée d'obtenir du victorieux Bismarck ces compensations territoriales sur le Rhin, en Belgique et au Luxembourg, qui aurait dû être possible d'obtenir de lui plus tôt à Biarritz, Benedetti ajouta à l'erreur de demander au mauvais moment l'humiliation de ne rien obtenir.
Napoléon ne confessa pas sa faiblesse. La France, réduite à un état de faiblesse, provoqua la moquerie de l'Europe par une démonstration de magnifience extérieure qui cachait son déclin (Rappelons qu'il s'agit de la traduction d'un article de l'Encyclopaedia Brittanica NDT). Dans le Paris transformé par le Baron Haussmann, une cité de plaisir et de frivolité, l'ouverture de l'exposition universelle de 1867 fut marquée par l'attaque par Berezowski du Tsard Alexandre II de Russie, et son succès était éclipsé par le tragique destin du malheureux empereur Maximilieu du Mexique. Thier s'exclama qu'il n'y avait plus d'autres erreurs à faire. L'Empereur réussit pourtant à en commettre une de plus, et les conséquences en furent irréparables. vieux, infirme et aigri, gardant ses ministres dans l'expectative par le secret de ses plans, entouré par des gens dont le seul but était leur plaisir, et pressé par une opposition montante, il y avait seulement deux voies ouvertes pour Napoléon III : soit arranger une paix conçue pour durer ou se préparer pour une guerre décisive.
Napoléon se dirigea vers la guerre sans faire les préparations nécessaires. Le comte Beust tenta de rescussiter sans succès, avec le soutien du gouvernement autrichien, le projet abandonné par Napoléon depuis 1866 d'une résolution sur la base d'un statu quo avec désarmement réciproque. Napoléon refusa, sur le conseil du Colonel Stoffel, son attaché militaire à Berlin, qui indiquait que la Prusse n'accepterait par le désarmement ; mais il était plus inquiet qu'il ne voulait le montrer. Une reconstitution de l'organisation militaire lui semblait nécessaire. Le Maréchal Niel fut incapable de l'obtenir que ce soit de l'opposition bonapartiste ou que ce soit de l'opposition républicaine, qui était réticente à renforcer le despote. Les deux parties étaient rendues aveugles aux dangers extérieurs par les intérêts politiques.
L'empereur était abandonné par les hommes et déçu par les évènements. Il avait vainement espéré que, même en donnant le droit de presse et en autorisant les réunions, il garderait la liberté d'action ; mais il avait joué le jeu de ses ennemis. Les « châtiments » de Victor Hugo, la « lanterne » de Rochefort, la souscription au monument à Baudin, le député tué dans les barricades en 1851, suivi par le discours de Léon Gambetta contre l'Empire à l'occasion du procès de Delescluze, montrèrent rapidement que le parti républicain n'était pas conciliable.
De l'autre côté, le parti ultramontain était devenu mécontent parce que les industries autrefois protégées n'étaient pas satisfaites par la réforme du libre-échange. La classe ouvrière avait abandonné sa neutralité politique qui ne lui avait apporté rien sauf l'impopularité, et était passée à l'ennemi. Ignorant l'attaque dépassionée de Pierre-Joseph Proudhon contre l'esclavage du communisme, elle avait été progressivement gagnée par les théories collectivistes de Karl Marx and les théories révolutionnaires de Mikhail Bakunin, mises en avant aux congrès de la Société internationale des travaileurs. À ces congrès, dont la renommée n'avait été qu'augmentée par leur interdiction, il avait été confirmé que l'émancipation sociale du travailleur était inséparable de son émancipation politique. L'union entre les internationalistes et les bourgeois républicains devint un fait accompli.
L'Empire, pris par surprise, essaya de circonvenir à la fois les classes moyennes et les classes laborieuses, ce qui les entraîna dans des actions révolutionnaires. Il y eut de nombreuses grèves. Les élections de mai 1869, qui euren lieu durant ces ennuis, infligèrent à l'Empire une sévère défaite morale. En dépit du renouveau du gouvernement grâce à la peur rouge, Ollivier, l'avocat de la concillation, fut rejeté par Paris, tandis que 40 irreconciliables et 116 membres du Troisième parti étaient élus. Des concessions devaient leur être faites, ainsi par le « senatus-consulte » du 8 septembre 1869 une monarchie parlementaire se subsitua au gouvernement personnel. Le 2 janvier 1870 Ollivier était placé à la tête du premier ministère homogène, uni et responsable.
Mais le parti républicain, contrairement au pays, qui réclamait la réconciliation de la liberté et de l'ordre, refusait de se concenter des libertés qu'ils avaient gagné, ils refusèrent tout compromis, se déclarant plus décidés que jamais de renverser l'Empire. Le meurtre du journaliste Victor Noir par Pierre Bonaparte, un membre de la famille impériale, donna aux révolutionnaires l'opportunité si longtemps attendue (10 janvier). Mais l'émeute se termina par un échec et l'empereur put répondre aux menaces personnelles par une éclatante victoire au plébiscite du 8 mai 1870.
Ce succès, qui aurait dû consolider l'Empire, entraîna sa chute. Il était supposé qu'un succès diplomatique pourrait faire oublier la liberté en faveur de la gloire. C'est en vain qu'après la révolution parlementaire du 2 janvier 1870 le Comte Daru ressusiita, par l'intermédaire de Lord Clarendon, le plan du Comte Beust de désarmement après la Bataille de Königgratz. Il rencontra un refu de la Prusse et de l'entourage impérial. L'Impératrice Eugénie est créditée de la remarque « Si il n'y a pas de guerre, mon fils ne sera jamais empereur. »
Le prétexte désiré fut offert le 3 juillet 1870 par la candidature du principe de Hohenzollern pour le trône d'Espagne. Pour les Français, il semblait que la Prusse réactualisait la politique traditionnelle des Hasbourgs. La France, ayant rejeté pour des raisons dynastiques la candidature d'un Français, le duc de Montpensier, était menacée par un prince allemand. Jamais l'Empereur, maintenant physiquement et moralement malade, n'avait eu plus grand besoin de l'avis d'un homme ayant la stature d'un homme d'état et le support d'une opinion publique éclairée. Il n'eut ni l'un ni l'autre.
Le ministre libéral Ollivier, voulant se montrer aussi jaloux des intérêts nationaux que n'importe quel ministre absolutiste, voulut faire quelque chose de grand et, poussé par les forces de l'opinion qu'il avait lui même libérées, il accepta la guerre comme inévitable et s'y prépara d'un cœur léger. Face à la décision d'une déclaration du duc de Gramont, le ministre des affaires étrangères, devant le corps législatifs le 6 juillet 1870, l'Europe, alarmée, accorda son support à aux efforts de la diplomatie française et obtint l'annulation de la candidature des Hohenzollern. Cela n'entrait pas dans les vues des parties de la guerre de Paris ou de Bismarck, qui voulaient chacun de leur côté déclarer la guerre. La demande malavisée de Gramont d'une garantie de future bonne conduite de la part de Guillaume Ier d'Allemagne, donna à Bismarck cette opportunité, et le refus du roi fut transformé en une insulte en modifiant le télégramme. La chambre, en dépit des efforts désespérés de Thiers et de Gambetta, vota la guerre par 246 voix contre 10.
La France était isolée, autant par la duplicité de Napoléon que par celle de Bismarck. La révélation aux diètes de Munich et de Stuttgart du texte écrit des prétentions de Napoléon sur les territoires de Hesse et Bavière avait depuis le 22 août 1866 aliéné le sud de l'Allemagne, et encoureaga les États du Sud à signer une convention avec la Prusse. À cause d'une série de bévues similaires, le reste de l'Europe devint hostile. Russia, which it had been Bismarck's study both during and after the Polish insurrection of 1863 to draw closer to Prussia, apprit avec mécontentement, par la même indiscrétion, comment Napoléon tenait ses promesses faites à Stuttgart. L'espoir de se venger à l'Est pour sa défaite de 1856 alors que la France était en difficulté la décida à une neutralité bienveillante. La révélation des desseins de Benedetti en 1867 sur la Belgique et le Luxembourg également assurèrent une neutralité inamicale de la part de la Grande Bretagne.
L'empereur comptait sur l'alliance de l'Autriche et de l'Italie, avec lesquelles il était en négociation depuis l'entretien de Salzburg (août 1867). L'Autriche, ayant souffert de ses mains en 1859 et en 1866, n'était pas prête et demanda un délai avant de rejoindre la guerre ; tandis que les amitiés hésitantes de l'Italie ne pouvaient être gagnées que l'évacuation de Rome. Les "chassepots" de Mentana, le "jamais" de Rouher, et l'hostilité de l'impératrice catholique pour tout article secret qui pourrait ouvrir à l'Italie les portes de la capitale privèrent la France de sa dernière amie.
Les armées du Maréchal Lebœuf n'étaient pas plus efficaces que les alliances de Gramont. L'incapacité des officiers de haut rang de l'armée française, le manque de préparation à la guerre aux quartiers-généraux, l'irresponsabilité des officiers, l'absence d'un plan de contingence et le fait de compter sur la chance, précédemment une stratégie fructueuse pour l'Empereur, plutôt qu'une stratégie scientifique, apparurent tout de suite lors de l'insignifiant engagement de Sarrebruck. Ainsi l'armée française passa par les étapes désastreuses de Wissembourg, Frœschwiller, Borny, Gravelotte, Noisseville et Saint-Privat-la-Montagne jusqu'au siège de Metz et au massacre à Rezonville.
Par la capitulation de la Bataille de Sedan l'Empire perdit son seul allié, l'armée. Paris était laissée vide de protection, avec une femme aux Tuileries, une assemblée terrifiée au Palais-Bourbon, un ministère, celui de Palikao, sans autorité, et les chefs de l'opposition qui fuyaient alors que la catastrophe approchait. Le 4 septembre 1870 les députés républicains réunis à l'Hôtel de Ville constituèrent un gouvernement provisoire. L'Empire était tombé, l'Empereur était prisonnier en Allemagne et la France entrait dans l'ère de la Troisième République.
{| border="1" align="center" cellspacing="0"
| width = "30%" align="center" | Précédé par :
L'émergence de l'Empire
Les idéaux de Napoléon III
Prospérité et culture
Affaires étrangères
La guerre de Crimée
La question italienne
La guerre Franco-Prussienne
Deuxième République
| width = "40%" align="center" | Histoire de France
| width = "30%" align="center" | Lui succède :
Troisième République
|}
Texte original en anglais de l'Encyclopaedia Britannica de 1911.