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Ce type de syndrôme fut d'abord identifié sous le nom de GRID (Gay Related Immune Deficiency, c'est-à-dire immuno-déficience liée à l'homosexualité). Ce n'est que plus tard que le terme de AIDS apparaîtra (Acquired Immune-Deficiency Syndrome - SIDA en français), lorsqu'il devint clair qu'il n'y avait aucun lien entre la maladie et l'homosexualité. La découverte des premiers cas parmi la population homosexuelle masculine fut attribuée d'une part au fait qu'aux États-Unis, les premiers virus auraient été introduits parmi cette population, et d'autre part, la maladie se serait répandue au sein de cette communauté, du fait de la relative promiscuité de ses membres, dans les grands centres urbains.
Une conception populaire identifie un patient zéro, c'est-à-dire la première personne infectée, qui aurait été un steward homosexuel québécois. Il n'en est rien; ce patient zéro n'était que la source de l'infection parmi une population particulière dans une étude épidémiologique menée par les Centers for Disease Control (Centres de Contrôle des Maladies, CDC). Il existait des cas de Sida bien antérieurs au cas de ce steward.
On émit également la théorie selon laquelle, dans la communauté homosexuelle de San Francisco, des inoculations en série se seraient produites lors de l'utilisation de vaccins contre l'hépatite, lesquels vaccins auraient été contaminés par le virus VIH. Mais il n'existe qu'une faible corrélation entre les personnes ayant reçu ces vaccins et les premiers cas de Sida.
L'un des meilleurs ouvrages traitant de l'histoire du virus VIH est sans doute And the Band Played On de Randy Shilts. L'auteur y affirme que l'administration Reagan, homophobe, s'est très peu impliquée dans la gestion de cette crise, ce qui résulta en la propagation du virus, et la mort inutile de centaines de milliers de personnes. C'est cette situation qui poussa à la création de l'association Act-Up (Aids Coalition To Unleash Power), avec à sa tête Larry Kramer.
Randy Shilts relate également le fait qu'au début de l'épidémie, la Croix Rouge ne refusait pas les donneurs de sang homosexuels, contrairement à la requête des CDC. Ceci entraîna la contamination et la mort d'hémophiles et de personnes transfusées.
L'élitisme académique de Robert Gallo fut un autre obstacle à l'éradication de la maladie. Le scientifique américain Robert Gallo faisait partie de ces chercheurs tentant de découvrir si cette maladie était due à un nouveau virus. Il se retrouva entraîné dans une série de batailles juridiques contre ses homologues français, essayant de satisfaire son besoin de gloire et de renommée. Cette querelle juridique ne fit que ralentir les recherches, pendant que les malades continuaient à succomber.
Des campagnes publicitaires furent lancées pour contrer l'image de maladie des homosexuels qui était généralement perçue par le public, et la remplacer par des données médicales et des conseils qui pourraient éventuellement sauver des vies. On retiendra, dans ce contexte, le cas de Ryan White, la campagne Red Ribbon (ruban rouge), les Celebrity dinners, le film And the Band Played On, les programmes scolaires d'éducation sexuelle, les publicités télévisées, etc.