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Il existe deux façons de penser la succession apostolique :
Il se réfère au mythe de l'Église Primitive. Jésus et ses apôtres auraient fondé une Église dont la structure hiérarchique serait identique à celles que nous observons dans les églises épiscopaliennes aujourd'hui.
Historiquement parlant, il n'y eu jamais une telle « Église » que fondée avant la toute fin du IIIe siecle et le début du IVe, c'est-à-dire au moment de la persécution de Dioclétien (306), dans les régions où les chrétiens étaient persécutés, c'est-à-dire dans les régions où ils étaient nombreux.
La structure, « institution », se met en place comme fait de résistance et est particulièrement remarquable à Alexandrie où le métropolite Pierre prend le maquis, (en fait le désert) pour organiser la résistance de l'extérieur tandis que l'évêque Mélèce organise la résistance de l'intérieur avec formations théologiques pour tous. En quelque sorte, Pierre est le « De Gaulle » de l'époque tandis que Mélèce est le « Jean Moulin ». D'ailleurs les chrétiens d'Alexandrie ne s'y tromperont pas et décerneront le titre de pape (à savoir père) à Pierre et c'est la première fois que le titre est attesté. Les relations entre Pierre et Mélèce se dégraderont fortement une fois la paix civile revenue.
Le mot ek-klesia ne prend sens de « bâtiment » ou métaphoriquement « d'institution » qu'à partir du IIIe siècle. Auparavant, il s'agit d'une assemblée réunie dans le but de prendre une décision qui sera ultérieurement appliquée comme c'est le cas dans la Boulé, l'assemblée « nationale » d'Athènes du Ve siècle BCE jusqu'à la conquête d'Alexandre.
Le mythe de l'Église Primitive prend corps avec Luther qui fonde sa Réforme sur l'idée de « retrouver la purté de l'Église Primitive et son organisation naturelle » au vu de l'organisation préconisée par Paul dans ... je ne sais plus quelle lettre. Luther n'avait pas idée de la recherche historique contemporaine et son idée fut universellement adoptée et utilisée à toutes les fins possibles.
Sont épiscopaliennes les Églises qui adoptent une structure hiérarchique :
Il apparaît dans l'acception qu'en fait l'ECAR.
La succession apostolique est conférée à un évêque lors de son ordination par 2 évêques régulièrement ordonnés (i.e. eux-mêmes par 2 évêques régulièrement ordonnés). On comprend donc qu'il ne s'agit plus d'un dépôt de « foi » qui se transmettrait mais de la transmission d'une chaîne d'allégeance.
L'ordination, telle que préconisée ci-dessus, fait référence partiellement à un canon du concile de Nicée I qui prévoit que les évêques peuvent être élus par 3 évêques seulement (au lieu de l'assemblée régionale des évêques) s'ils peuvent attester avoir l'assentiment de la majorité des autres.
Cette disposition avait été prise du fait de l'élection irrégulière d'Athanase d'Alexandrie (celui de la Trinité) qui avait été élu par une assemblée secrète, en cela qu'il avait omis de convoquer ses opposants tant il convoitait ce poste dans une démarche anti-mélécienne.
À l'heure actuelle aucun évêque ordonnant ne peut attester d'avoir l'assentiment de tous les autres si l'on considère l'ensemble des Églises adoptant cette structure hiérarchique et plus personne ne parle d'élections.
D'autant que le concept de succession apostolique n'est invoqué par l'ECAR que dans une seule situation, celle là où elle dit « nous, on l'a, les autres ne l'ont pas. » Ce fut le cas :
Les petites Églises catholiques (ce terme n'a rien de dénigrant. C'est un anglicisme pratique pour désigner les gallicans, les vieux catholiques, les diverses églises catholiques autocéphales sur le modèle chapel v/established church of England) expliquent toutes qu'elles disposent de ladite succession apostolique en dressant d'impressionnantes listes d'évêques montrant qu'elles remontent à l'un ou l'autre des évêques régulièrement ordonnés. La réponse romaine consiste à dire que le schisme interrompt ladite succession.
On comprend alors pourquoi l'ECAR reconnaît aux patriarcats orthodoxes la succession apostolique qu'elle dénie à tous les autres. Elle est elle-même issue d'un Schisme, celui de 1054, d'avec les patriarcats orthodoxes. Garantissant la succession apostolique aux orthodoxes, elle leur reconnaît une antériorité à la sienne et par-là, elle garantit la sienne. Pour autant, elle ne reconnaît pas les ministres des patriarcats orthodoxes parce qu'ils ne reconnaissent pas l'autorité du pape (Voir déclaration Dominus Jesus). Elles ne veulent pas renoncer à la collégialité que leur offre l'autocéphali. On comprend là que la succession apostolique est plus une chaîne d'allégeance qu'une chaîne de transmission d'un dépôt « de foi » et, en cela, un concept plus politique que théologique. L'église occidentale comme les Églises orientales se considèrent chacune elles-mêmes comme « la seule subsistance de l'église fondée par Jésus », ce qui, historiquement relève de la fiction malgré la force du symbole asservi, dans ce débat, à une lutte d'influences et d'intérêts particulièrement évidente avec le patriarcat de Moscou et les Églises grecques.
On constate un fort mouvement d'accords oecuméniques. Ce fut le cas en 2000 entre les luthériens et les épiscopaliens au Canada et aux USA. Ce accords sont des accords d'inter-communion et, conséquemment de reconnaissance mutuelle des ministres des unes et des autres. Les Églises de la communion anglicane se reconnaissent à elles-même la succession apostolique et se sont mis en tête d'en reconnaître une aux évêques luthériens. Si l'on se fonde sur la définition historique de la succession apostolique, en reconnaissant, faute d'attestation historique, une valeur fortement symbolique à la chose, il est fort possible de détecter une succession apostolique aux Églises luthériennes germanophones, ou d'origine danoise ou suédoise. En effet, le passage à la Réforme fut le fait du Prince selon le principe « cujus regio, ejus religio ». Des évêques qui se couchèrent catholiques romains se réveillèrent au matin luthériens. En ce qui concerne les petites églises, on peut se demander pourquoi elles recherchent une validation de leur légitimité à exister selon des critères hétéronomes et fixés par l'ECAR.
Leur structure n'est pas hiérarchique mais presbytero-synodale (système archeo-démocrate) ou congrégationnalistes (système communautaire).
Elles se fichent éperdument de ladite succession apostolique. Elles se réfèrent d'abord à ce passage de Nombres parlant de Eldad et Meldad qui prophétisent alors qu'ils n'ont été investis par aucune autorité et continuent de prophétiser quand ceux là, expressément désignés pour ce faire, se sont tus.
(par autorisation spéciale de Profils de Liberté], Nov-2003)
Le sens historique
Le sens théologico-politique
On remarquera que la dernière encyclique fut publiée 3 semaines avant le Kirchentag/Katholiekentag qui avait lieu « ensemble » et de façon œcuménique. Il s'agissait de prévenir les inter-communions « naturelles » dans ce genre de circonstances, comme en témoigna la condamnation de deux prêtres et théologiens catholiques qui préconisaient ce type d'intercommunion dans ce genre de circonstances.Actualité et devenir du concept
Dans les autres Églises
Comment les Églises issues de la Réforme se pensent-elles une légitimité ?
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