|
|
La Troisième République fut stricto sensu le régime politique de la France de 1875 à 1940. Cependant, on inclut généralement sous cette appellation les 5 années d'hésitation précédant ce régime (depuis la chute du Second Empire en 1870).
Initiée dans un contexte parlementaire majoritairement royaliste et bonapartiste, la Troisième République est parvenue à s'imposer et se maintenir plus longtemps (65 ans) que tous les autres régimes depuis la Révolution française, et ce malgré d'importantes crises politiques - affaire Dreyfus, scandale des Décorations, scandale de Panama, crise boulangiste, l'instauration de la laïcité par la loi de séparation des Églises et de l'État, la création de l'école publique, la guerre scolaire qui s'ensuivit, etc. Elle constitue encore à ce jour la plus longue des républiques françaises.
Le Gouvernement de la Défense Nationale
Au cours de la guerre de 1870 aboutissant à la défaite et à la capture de l'empereur Napoléon III, défait et capturé à Sedan, le 2 septembre. Les socialistes d'Auguste Blanqui tentent d'organiser une insurrection, mais l'opposition parlementaire, surtout républicaine, mené par Léon Gambetta parvient à mettre en place un gouvernement provisoire, dit ''de la Défense Nationale]]. Ils proclament la république le 4 septembre, au palais de Tuileries.
La guerre n'est cependant pas achevée à Sedan. Paris est assiégé à partir du 19 octobre. Le 30 octobre la capitulation de Bazaine et de l'armée de Metz (150 000 hommes) porte un grave coup à la France. Le gouvernement part s'établir à Tours et organise une armée de la Loire, puis doit se replier sur Bordeaux. Le 18 janvier, l'unité allemande est réalisée, les souverains allemand réunis au château de Versailles proclament le roi Guillaume de Prusse empereur. Le 28 janvier, Paris capitule après 132 jours de siège. Le gouvernement négocie une trève pour organisé des élections. Opposé à la trève, Gambetta démissionne. Les élections, qui ont lieu le 8 février, amènent une majorité monarchiste à l'assemblée.
Jules Favre puis Louis Adolphe Thiers mènent les négociations de paix avec Bismarck qui exige et obtient :
La Commune (18 mars - 28 mai 1871)
Ayant supporté l'essentiel du poids de la guerre, la ville de Paris admet mal les choix de Thiers qui déplace l'Assemblée à Versailles, démobilise les mobiles et gardes nationaux privant de nombreux ouvriers de revenus et exigeant le paiement des échéances, menaçant de ruine 50 000 petits commerçants.
La révolte éclate lorsque Thiers tente de confisquer les canons de la Garde nationale (canons financés par les Parisiens) le 18 mars 1871. Le gouvernement rassemble une armée que les communards appellent versaillaise, dont une partie des hommes sont des prisonniers de guerre libérés par les Allemands à cet effet. Le 21 mai les Versaillais parviennent à entrer dans la ville. Commence la Semaine Sanglante, des combats de rue sans pitié, barricade par barricade, qui s'achèvent par la défaite des insurgés au cimetière du Père Lachaise.
Voir aussi l'article de fond : Commune de Paris (1871)
Les monarchistes conservèrent Thiers au pouvoir le temps de solder les conséquences de la guerre tout en préparant le retour de leurs prétendants. Ils votèrent l'abrogation des lois d'exil.
Le 8 mai, un message du comte de Chambord - prétendant des légitimistes - laissait supposer qu'il renonçait au drapeau blanc (de la royauté) au profit du drapeau tricolore. Cependant le 3 juillet, Chambord refusait la visite du comte de Paris - prétendant orléaniste - ruinant les projets de fusions des deux partis. Chambord ne tarda pas à publier un manifeste exprimant son attachement au drapeau blanc, brisant toute possibilité d'une restauration royaliste.
Premiers temps de la IIIe République
Mise en place de la République
L'affaire du drapeau blanc
L'assemblée élue le 8 février comprenait 30 bonapartistes, 200 républicains et 400 monarchistes - eux-mêmes partagés entre légitimistess et orléanistess. Thiers fut élu « chef du pouvoir exécutif de la République française ». Chaque mention du terme « République » provoquait cependant des cris clamant « Provisoire ! ». Et les postes officiels étaient encore tenus par les bonapartistes.Vers la République
Le 2 juillet 1871, lors des élections complémentaires les républicains emportèrent 100 des 111 sièges mis au vote.
Le 31 août 1871, sur proposition de Rivet le titre de Thiers est précisé : Président de la République.
L'Assemblée commençait à se constituer en groupes, de gauche à droite :
Cependant le 25 janvier 1872, le comte de Chambord publiait un nouveau manifeste pour le drapeau blanc. Les royalistes se rabattirent alors sur le duc d'Aumale comme possible président de la République. Et celui-ci lors d'un débat sur la loi militaire fit l'apologie des « trois couleurs ».
L'Ordre moral
La Troisième République fut définitivement instaurée en janvier 1875 par l'adoption de l'amendement Wallon qui stipule :
Voir aussi l'article de fond : Boulangisme
En octobre 1887, la presse met à jour un trafic de décorationss par le propre gendre du président de la république Jules Grévy. Ce scandale jette définitivement l'opprobre sur la gouvernance d'alors.
Voir aussi l'article de fond : Scandale de Panama
La Troisième République a été secoué pendant plusieurs années par
l'affaire Dreyfus ou l'Affaire qui est une affaire politique qui a divisé la France en profondeur. Elle porte le nom de son principal protagoniste, le capitaine Alfred Dreyfus, injustement accusé d'une haute trahison durant la guerre de 1870.
Les retentissements et les dissenssions qui en ont résulté se sont étendus sur des années et ont alors marqué durablement la société française.
Voir aussi l'article de fond : Affaire Dreyfus
Dans un contexte d'extrême tension politique en Europe, amplifiée en France par un sentiment revanchard exacerbé à l'encontre de l'ennemi allemand, la guerre éclate dans l'été 1914. La France est alors alliée notamment au Royaume-Uni et à la Russie. Sur le front ouest, les forces de la Triple Entente sont d'abord bousculées par la stratégie des Allemands, basée sur la rapidité et l'ampleur du mouvement. Mais grâce à un redressement de Joffre sur la Marne, elles tiennent bon et enrayent la progression adverse. De guerre de mouvement, le conflit se transforme alors en guerre de position, sur une ligne traversant le nord et l'est de l'héxagone. La France s'enlise avec l'Europe dans une guerre totale où les industries, les économies et les mentalités sont orientées vers l'objectif de la victoire, ou tout du moins de la résistance.
La France sort cependant elle aussi épuisée par ce conflit de 4 ans, qui se prolonge pour elle jusqu'en 1919 dans la guerre en Russie contre les bolcheviques. Les régions du nord et de l'est, les plus industrielles, ont été ravagées et leur appareil industriel détruit. Plus d'un million et demi d'hommes sont morts au front (10,5 % de la population active masculine), et trois millions et demi ont été blessés et mutilés.
L'affaire fait éclater un scandale politique puisqu'il se révèle que Stavisky était déjà poursuivi par la Justice, poursuites étouffées sur intervention de ministres ou de parlementaires corrompus. Le scandale est exploité par l'extrême droite et aboutit à une émeute le 6 février 1934 qui provoque la chute du gouvernement d'Édouard Daladier.
Le Front populaire fut une coalition des partis de la gauche (le PCF, la SFIO et le parti radical) qui gouverna la France de 1936 à 1938 et qui débutât par la présidence de Léon Blum.
Le scandale des Décorations
Voir aussi l'article de fond : scandale des DécorationsLes attentats anarchistes
Le scandale de Panama
La construction du canal de Panama débute en 1881 mais s'avère plus coûteuse que prévu, jusqu'à devenir un gouffre financier. Finalement, et malgré l'ouverture d'une souscription publique, l'entrepreneur devra déposer le bilan, entrainant ainsi la ruine de plusieurs dizaines de milliers de souscripteurs.L'affaire Dreyfus (1894-1905)
L'anticléricalisme et la Séparation
La loi des associations
Le gouvernement Combe
La séparation de l'Église et de l'État
La Première Guerre mondiale
Voir aussi l'article de fond : Première Guerre mondiale
Libérés par l'arrêt des combats sur le front oriental après la signature du traité de Brest-Litovsk, les Allemands lancent en vain cinq offensives majeures (mars à juillet 1918) sur le front français pour forcer la victoire avant l'engagement massif des États-Unis nouvellement entrés en guerre. Mais les Alliés reprennent l'initiative le 18 juillet et font reculer le front de près de 150 kilomètres, poussant les Allemands, épuisés, à accepter la signature de l'armistice le 11 novembre 1918.
Mais, contredisant les propos de Guillaume II, la république a tenu le choc de la guerre, contrairement aux empires.
L'entre-deux-guerres
Le bloc national
Le cartel des Gauches
Le 6 février 1934
L'affaire Stavisky
En décembre 1933, le directeur du Crédit Municipal de Bayonne, Gustave Tissier, est arrêté pour escroquerie et mise en circulation de faux bons de caisse, pour 235 millions de francs. On découvrira rapidement que Tissier n'est que l'exécutant du fondateur du Crédit Municipal, Serge Alexandre Stavisky, qui a organisé cette escroquerie avec la complicité du député-maire de Bayonne, Dominique-Joseph Garat.Les ligues
Le Front Populaire
Voir aussi l'article de fond : Front populaireFin de la Troisième République
Elle s'est terminée le 11 juillet 1940 par la prise du pouvoir par Philippe Pétain et l'instauration de l'État français.Guerres coloniales et politique extérieure
La France avait perdu l'essentiel de ses colonies lors de la guerre de Sept Ans (notamment l'Inde et le Québec). En 1802, Napoléon Ier avait vendu la Louisiane, la France n'avait dès lors plus de colonie. La conquête d'Alger en 1830 représentait un premier pas vers un renouveau de l'empire colonial français, mais la conquête coloniale fut surtout le fait de la Troisième République.L'alliance russe
Fachoda
Voir aussi l'article de fond : FachodaL'expédition de Madagascar
Ferry-Tonkin
Agadir
Voir aussi
Liens externes
{| border="1" align="center" cellspacing="0"
| width = "30%" align="center" | Précédé par :
Second Empire
| width = "40%" align="center" | Histoire de France
| width = "30%" align="center" | Lui succède :
Régime de Vichy
|}