Troisième République

La Troisième République fut stricto sensu le régime politique de la France de 1875 à 1940. Cependant, on inclut généralement sous cette appellation les 5 années d'hésitation précédant ce régime (depuis la chute du Second Empire en 1870).

Initiée dans un contexte parlementaire majoritairement royaliste et bonapartiste, la Troisième République est parvenue à s'imposer et se maintenir plus longtemps (65 ans) que tous les autres régimes depuis la Révolution française, et ce malgré d'importantes crises politiques - affaire Dreyfus, scandale des Décorations, scandale de Panama, crise boulangiste, l'instauration de la laïcité par la loi de séparation des Églises et de l'État, la création de l'école publique, la guerre scolaire qui s'ensuivit, etc. Elle constitue encore à ce jour la plus longue des républiques françaises.

Table of contents
1 Le Gouvernement de la Défense Nationale
2 La Commune (18 mars - 28 mai 1871)
3 Premiers temps de la IIIe République
4 L'anticléricalisme et la Séparation
5 La Première Guerre mondiale
6 L'entre-deux-guerres
7 Guerres coloniales et politique extérieure
8 Voir aussi
9 Liens externes

Le Gouvernement de la Défense Nationale

Au cours de la guerre de 1870 aboutissant à la défaite et à la capture de l'empereur Napoléon III, défait et capturé à Sedan, le 2 septembre. Les socialistes d'Auguste Blanqui tentent d'organiser une insurrection, mais l'opposition parlementaire, surtout républicaine, mené par Léon Gambetta parvient à mettre en place un gouvernement provisoire, dit ''de la Défense Nationale]]. Ils proclament la république le 4 septembre, au palais de Tuileries.

La guerre n'est cependant pas achevée à Sedan. Paris est assiégé à partir du 19 octobre. Le 30 octobre la capitulation de Bazaine et de l'armée de Metz (150 000 hommes) porte un grave coup à la France. Le gouvernement part s'établir à Tours et organise une armée de la Loire, puis doit se replier sur Bordeaux. Le 18 janvier, l'unité allemande est réalisée, les souverains allemand réunis au château de Versailles proclament le roi Guillaume de Prusse empereur. Le 28 janvier, Paris capitule après 132 jours de siège. Le gouvernement négocie une trève pour organisé des élections. Opposé à la trève, Gambetta démissionne. Les élections, qui ont lieu le 8 février, amènent une majorité monarchiste à l'assemblée.

Jules Favre puis Louis Adolphe Thiers mènent les négociations de paix avec Bismarck qui exige et obtient :

Le 30 octobre la capitulation de Bazaine et de l'armée de Metz (150 000 hommes) porte un grave coup à la France.

La Commune (18 mars - 28 mai 1871)

Ayant supporté l'essentiel du poids de la guerre, la ville de Paris admet mal les choix de Thiers qui déplace l'Assemblée à Versailles, démobilise les mobiles et gardes nationaux privant de nombreux ouvriers de revenus et exigeant le paiement des échéances, menaçant de ruine 50 000 petits commerçants.

La révolte éclate lorsque Thiers tente de confisquer les canons de la Garde nationale (canons financés par les Parisiens) le 18 mars 1871. Le gouvernement rassemble une armée que les communards appellent versaillaise, dont une partie des hommes sont des prisonniers de guerre libérés par les Allemands à cet effet. Le 21 mai les Versaillais parviennent à entrer dans la ville. Commence la Semaine Sanglante, des combats de rue sans pitié, barricade par barricade, qui s'achèvent par la défaite des insurgés au cimetière du Père Lachaise.

Voir aussi l'article de fond : Commune de Paris (1871)

Premiers temps de la IIIe République

Mise en place de la République

L'affaire du drapeau blanc

L'assemblée élue le 8 février comprenait 30
bonapartistes, 200 républicains et 400 monarchistes - eux-mêmes partagés entre légitimistess et orléanistess. Thiers fut élu « chef du pouvoir exécutif de la République française ». Chaque mention du terme « République » provoquait cependant des cris clamant « Provisoire ! ». Et les postes officiels étaient encore tenus par les bonapartistes.

Les monarchistes conservèrent Thiers au pouvoir le temps de solder les conséquences de la guerre tout en préparant le retour de leurs prétendants. Ils votèrent l'abrogation des lois d'exil.

Le 8 mai, un message du comte de Chambord - prétendant des légitimistes - laissait supposer qu'il renonçait au drapeau blanc (de la royauté) au profit du drapeau tricolore. Cependant le 3 juillet, Chambord refusait la visite du comte de Paris - prétendant orléaniste - ruinant les projets de fusions des deux partis. Chambord ne tarda pas à publier un manifeste exprimant son attachement au drapeau blanc, brisant toute possibilité d'une restauration royaliste.

Texte du manifeste :
« La France m'appellera et je viendrai à elle tout entier avec mon dévouement, mon principe et mon drapeau. À l'occasion de ce drapeau, on a parlé de conditions que je ne dois pas subir. Je suis prêt à tout pour aider mon pays à se relever de ses ruines et à reprendre son rang dans le monde ; le seul sacrifice que je ne puisse lui faire, c'est celui de mon honneur.
Non, je ne laisserai pas arracher de mes mains l'étendard d'Henri IV, de François Ier et de Jeanne d'Arc. C'est avec lui que s'est faite l'unité nationale ; c'est avec lui que vos pères, conduits par les miens, ont conquis cette Alsace et cette Lorraine dont la fidélité sera la consolation de nos malheurs. Il a vaincu la barbarie de cette terre d'Afrique, témoin des premiers faits d'armes des princes de ma famille ; c'est lui qui vaincra la barbarie nouvelle dont le monde est menacé. Je le confierai sans crainte à la vaillance de notre armée ; il n'a jamais suivi, elle le sait, que le chemin de l'honneur.
Je l'ai reçu comme un dépôt sacré du vieux roi, mon aïeul, mourant en exil ; il a toujours été pour moi l'inséparable souvenir de la patrie absente ; il a flotté sur mon berceau, je veux qu'il ombrage ma tombe. Dans les plis glorieux de cet étendard sans tache, je vous apporterai l'ordre et la liberté. Français, Henri V ne peut abandonner le drapeau blanc d'Henri IV. »

Vers la République

Le
2 juillet 1871, lors des élections complémentaires les républicains emportèrent 100 des 111 sièges mis au vote.

Le 31 août 1871, sur proposition de Rivet le titre de Thiers est précisé : Président de la République.

L'Assemblée commençait à se constituer en groupes, de gauche à droite :

Extrême Gauche : Littré
Gauche : Union républicaine de Gambetta et les « quatre Jules » : Jules Favre, Jules Ferry, Jules Grévy et Jules Simon.
Centre : des républicains-conservateurs et conservateurs républicains, amis de Thiers (Casimir Périer, Rémusat, Dufaure, Rivet, etc.)
la réunion Changarnier
le centre-droit : les royalistes n'acceptant pas le drapeau blanc
Droite : les « chevau-légers » – ils se réunissaient au Passage des chevau-légers – légitimistes dont le duc de Broglie, député en même temps qu'ambassadeur à Londres, le duc d'Audiffret-Pasquier, le duc Decazes.
Extrême droite : monseigneur Dupanloup.

Les progrès des partis de gauches inquiétèrent les conservateurs qui déléguèrent des représentants à Thiers pour lui exposer leur émotion devant la montée du radicalisme. Ce qui permis à Thiers de leur répondre : « Puisque vous êtes la majorité, que n'établissez-vous la monarchie ? » ; et de se facher avec la droite.

Cependant le 25 janvier 1872, le comte de Chambord publiait un nouveau manifeste pour le drapeau blanc. Les royalistes se rabattirent alors sur le duc d'Aumale comme possible président de la République. Et celui-ci lors d'un débat sur la loi militaire fit l'apologie des « trois couleurs ».

L'Ordre moral

La Troisième République fut définitivement instaurée en janvier 1875 par l'adoption de l'amendement Wallon qui stipule :

« Le président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages par le Sénat et la Chambre des Députés réunie en Assemblée nationale. Il est nommé pour sept ans ; il est rééligible. »

La crise boulangiste (1886-1889)

Appelé au gouvernement sur la suggestion de Clémenceau comme ministre de la Guerre le général
Georges Boulanger se fait remarqué par des réformes qui le rendent populaire ainsi que par sont discours belliqueux à l'encontre de l'Allemagne. Une crise diplomatique aigue - l'affaire Schnaebelé - ayant failli de mené à la guerre le gouvernement tente de se débarraser du général devenu encombrant. C'est au même moment qu'une coalition hétéroclite créé un mouvement autour du général pendant les élections des années 1888 et 1889. La fuite en Belgique du général menacé de pouruistes judiciaires - puis son suicide - mettront fin à cette crise.

Voir aussi l'article de fond : Boulangisme

Le scandale des Décorations

Voir aussi l'article de fond : scandale des Décorations

En octobre 1887, la presse met à jour un trafic de décorationss par le propre gendre du président de la république Jules Grévy. Ce scandale jette définitivement l'opprobre sur la gouvernance d'alors.

Les attentats anarchistes

Le scandale de Panama

La construction du canal de Panama débute en 1881 mais s'avère plus coûteuse que prévu, jusqu'à devenir un gouffre financier. Finalement, et malgré l'ouverture d'une souscription publique, l'entrepreneur devra déposer le bilan, entrainant ainsi la ruine de plusieurs dizaines de milliers de souscripteurs.

Voir aussi l'article de fond : Scandale de Panama

L'affaire Dreyfus (1894-1905)

La Troisième République a été secoué pendant plusieurs années par l'affaire Dreyfus ou l'Affaire qui est une affaire politique qui a divisé la France en profondeur. Elle porte le nom de son principal protagoniste, le capitaine Alfred Dreyfus, injustement accusé d'une haute trahison durant la guerre de 1870.

Les retentissements et les dissenssions qui en ont résulté se sont étendus sur des années et ont alors marqué durablement la société française.

Voir aussi l'article de fond : Affaire Dreyfus

L'anticléricalisme et la Séparation

La loi des associations

Le gouvernement Combe

La séparation de l'Église et de l'État

La Première Guerre mondiale

Voir aussi l'article de fond : Première Guerre mondiale

Dans un contexte d'extrême tension politique en Europe, amplifiée en France par un sentiment revanchard exacerbé à l'encontre de l'ennemi allemand, la guerre éclate dans l'été 1914. La France est alors alliée notamment au Royaume-Uni et à la Russie. Sur le front ouest, les forces de la Triple Entente sont d'abord bousculées par la stratégie des Allemands, basée sur la rapidité et l'ampleur du mouvement. Mais grâce à un redressement de Joffre sur la Marne, elles tiennent bon et enrayent la progression adverse. De guerre de mouvement, le conflit se transforme alors en guerre de position, sur une ligne traversant le nord et l'est de l'héxagone. La France s'enlise avec l'Europe dans une guerre totale où les industries, les économies et les mentalités sont orientées vers l'objectif de la victoire, ou tout du moins de la résistance.
Libérés par l'arrêt des combats sur le front oriental après la signature du traité de Brest-Litovsk, les Allemands lancent en vain cinq offensives majeures (mars à juillet 1918) sur le front français pour forcer la victoire avant l'engagement massif des États-Unis nouvellement entrés en guerre. Mais les Alliés reprennent l'initiative le 18 juillet et font reculer le front de près de 150 kilomètres, poussant les Allemands, épuisés, à accepter la signature de l'armistice le 11 novembre 1918.

La France sort cependant elle aussi épuisée par ce conflit de 4 ans, qui se prolonge pour elle jusqu'en 1919 dans la guerre en Russie contre les bolcheviques. Les régions du nord et de l'est, les plus industrielles, ont été ravagées et leur appareil industriel détruit. Plus d'un million et demi d'hommes sont morts au front (10,5 % de la population active masculine), et trois millions et demi ont été blessés et mutilés.
Mais, contredisant les propos de Guillaume II, la république a tenu le choc de la guerre, contrairement aux empires.

L'entre-deux-guerres

Le bloc national

Le cartel des Gauches

Le 6 février 1934

L'affaire Stavisky

En décembre 1933, le directeur du Crédit Municipal de Bayonne, Gustave Tissier, est arrêté pour escroquerie et mise en circulation de faux bons de caisse, pour 235 millions de francs. On découvrira rapidement que Tissier n'est que l'exécutant du fondateur du Crédit Municipal, Serge Alexandre Stavisky, qui a organisé cette escroquerie avec la complicité du député-maire de Bayonne, Dominique-Joseph Garat.

L'affaire fait éclater un scandale politique puisqu'il se révèle que Stavisky était déjà poursuivi par la Justice, poursuites étouffées sur intervention de ministres ou de parlementaires corrompus. Le scandale est exploité par l'extrême droite et aboutit à une émeute le 6 février 1934 qui provoque la chute du gouvernement d'Édouard Daladier.

Les ligues

Le Front Populaire

Voir aussi l'article de fond : Front populaire

Le Front populaire fut une coalition des partis de la gauche (le PCF, la SFIO et le parti radical) qui gouverna la France de 1936 à 1938 et qui débutât par la présidence de Léon Blum.

Fin de la Troisième République

Elle s'est terminée le 11 juillet 1940 par la prise du pouvoir par Philippe Pétain et l'instauration de l'État français.

Guerres coloniales et politique extérieure

La France avait perdu l'essentiel de ses colonies lors de la guerre de Sept Ans (notamment l'Inde et le Québec). En 1802, Napoléon Ier avait vendu la Louisiane, la France n'avait dès lors plus de colonie. La conquête d'Alger en 1830 représentait un premier pas vers un renouveau de l'empire colonial français, mais la conquête coloniale fut surtout le fait de la Troisième République.

L'alliance russe

Fachoda

Voir aussi l'article de fond : Fachoda

L'expédition de Madagascar

Ferry-Tonkin

Agadir

Voir aussi

Liens externes

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