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Victor Horta (Gand, 1861 - Bruxelles, 1947) est un architecte belge. C'est le chef de file incontesté des architectes Art Nouveau en Belgique.
Quelques réalisations dans Bruxelles :
| Musée Horta | Hôtel Solvay | |
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| Musée Horta, rue Américaine no 25 à Bruxelles Cette maison 1898 était celle de Victor Horta lui-même. | Hôtel Solvay, avenue Louise no 224 à Bruxelles |
Biographie
Enfance
Victor Horta est né à Gand en 1861. Son père était un méticuleux cordonnier. Il lui a transmis l'amour du travail bien fait.
Il a des rapports plus conflictuels avec sa mère, dont il n'apprécie pas les excès d'autorité, dont elle fait preuve entre autres en répétant systématiquement qu'il devrait étudier le droit ou la médecine.
Le jeune Victor a un caractère hors du commun. Il n'aime pas l'autorité. Tant ses rapports avec sa mère qu'avec ses écoles (dont il se fait régulièrement renvoyer) en font la preuve. Il a déja un esprit rebelle; il remet vite en cause les partis-pris, rêve d'innovations, nage à contre-courant des modes. Il a clairement la fibre artistique... Mais surtout musicale (tout comme son père). Il rêvait de devenir violoniste.
Le déclic
Ce serait à 12 ans, en aidant son oncle entrepreneur sur un chantier, qu'il a été pour la première fois attiré par l'art de bâtir. Ses parents, face au constat que leur fils ne réussirait que peu probablement ses études au lycée Gantois(tant à cause de ses renvois que de ses résultats), l'envoient chez un architecte d'intérieur habitant le Montmartre à Paris.
Or à cette époque Paris est le berceau du monde moderne. Les premiers peintres impressionnistes et pointillistes y exposent leurs oeuvres. Elle vont droit au coeur de Victor Horta. Il constate la remarquable corrélation entre l'évolution de la peinture et l'architecture de l'époque. Ces deux arts sortaient d'une lourde phase de classicisme qui avait fait que les mêmes styles revenaient constamment, que rien n'évoluait. Il voulait être à l'architecture ce que Vincent Van Gogh avait été à la peinture, l'émancipateur des éternelles règles classiques.
Études
À Paris, le futur architecte étudie les bâtiments classiques et leurs matériaux. Néanmoins, le plus important est qu'il entre en contact grâce à son maître avec les nouveaux matériaux que certains décorateurs utilisaient -l'acier et de la verrerie plus évoluée. Il y comprend aussi que la grande renommée ne s'acquiert qu'en dessinant de grands bâtiments publics.
Lorsque son père décède en 1880, il se hâte de retourner en Belgique. Il s'installe à Bruxelles, s'inscrit à l'académie des beaux-arts et épouse une amie d'enfance. Elle va lui donner deux filles, dont la première meurt à un ans.
Sa vie à l'académie
V. Horta y fait la connaissance de Paul Hankar. Ils se lient d'amitié, ne devinant pas que leur admiration commune pour l'Art Nouveau en ferait de grands concurrents. Victor fait un élève exceptionnellement brillant et attire l'attention de beaucoup de ses professeurs. On retiendra parmi eux surtout Alphonse Balat, l'architecte du roi. Il prend son élève favori comme assistant. Ensemble, ils dessinent les Serres royales de Laeken, où sont à nouveau combinés les éléments que Horta admire le plus : les jeux de lumière, la verrerie et l'acier.
L'architecte
Une fois leur alliance rompue, il entreprend la construction (en 1885)trois maisons mitoyennes à Gand, question de tout de même avoir son nom gravé quelque part, pour ne pas d'ores et déja enterrer sa future carrière.
Ayant pour objectif clair et marqué de ne pas se satisfaire d'un succès facile, il refuse pendant huit ans tout autre projet résidentiel. Il participe à des concours publics, construit des petites constructions abritant des statues, même des tombeaux et autres petits monuments. Ainsi, il peaufine son art, développe sa propre sensibilité. Il découvre petit à petit les courbes, refuse des lignes verticales droites. Il faut faire attention à ce qu'on en dit, de ses courbes. Il s'irritait fort lorsqu'on en disait qu'elles étaient magnifiquement issues de l'esprit d'un original illuminé. Pour lui, elles ne sont pas plus que le résultat d'une réflexion tout à fait posée et non un désir purement artistique. Elles amplifient l'impression d'espace, guident le regard, supportent au mieux les constructions. Elles ne sont pas simplement "belles".
Pendant cette longue période d'apprentissage, il se fait connaître des nouveaux bourgeois de Bruxelles. Les professeurs d'université, les scientifiques font partie de son cercle de connaissances. Il entre ainsi dans le "club" franc-maçon et humaniste, "les amis philantropes". Tous les éléments sont réunis pour initier une magnifique carrière. Son esprit est mûr et dans l'air du temps, il fréquente les meneurs des changements sociaux de l'époque. Dès qu'il se dit prêt à entamer la construction de demeures résidentielles, les commandes affluent. Il est ainsi l'un des premiers architectes à faire de l'art nouveau, approximativement en même temps que Guimard. On parle de lui dans toutes les revues spécialisées d'Europe.
Habiter du Horta était un signe de statut, d'ouverture et surtout de richesse. Évidemment, vu le rythme effréné auquel il travaille, tous les riches bourgeois de Bruxelles ont assez vite été satisfaits, surtout qu'il était concurrencé par Henry Van de Velde et Paul Hankar, deux autres architectes Art Nouveau bruxellois. Il a alors de plus en plus entrepris la réalisations de lieux publics et de magasins.